Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Histoire d'amour, Boy's love, humour, drame, adolescent, aventure, fantastique, vidéo, conte, critique de livre, auteur, BTS Universe, conteur, astiacle, BTS, histoire des BTS en vidéo, Jin, V, Suga, RM, Jimin, J-Hope, Jungkook, Bighit,

Publicité

V

Une fois au village, son cocher alla réserver pour elle, une chambre à la meilleure auberge. En attendant son retour, elle explora les alentours. Il s’agissait plus d’une petite ville que d’un village en vérité. Elle se demanda soudain ce qu’elle ferait s’il y avait plusieurs bouchers et s’ils avaient tous des filles.

-Princesse ?

Elle fit volte-face en sursautant en entendant la voix de son cocher derrière elle.

-Veuillez m’excuser, je ne voulais pas vous effrayer.

Elle lui sourit :

-Ce n’est rien. Vous avez trouvé ?

-Oui, suivez-moi.

Ils se rendirent à l’auberge où on lui montra sa chambre. Le cocher y déposa le petit bagage qu’elle avait prévu pour le voyage avant de la quitter pour rejoindre sa propre chambre. Ils avaient voyagé toute la nuit, mais malgré cela, la princesse n’avait pas sommeil. Elle avait réussi à dormir un peu dans le carrosse, en dépit des secousses. Laissant son cocher se reposer, elle descendit voir l’aubergiste. C’était un homme fluet avec une longue moustache qu’elle ne put s’empêcher de trouver amusant. Néanmoins, elle garda son sérieux pour lui demander :

-Excusez-moi, pouvez-vous m’indiquer où se trouve le boucher ?

L’aubergiste parla d’une voix étonnamment grave pour sa carrure :

-Eh bien, nous en avons plusieurs.

Ftiuco sentit le découragement la gagner, mais l’homme continuait :

-Mais le meilleur se trouve vers le centre. En sortant d’ici, prenez à droite et continuez jusqu’à la place du village. Vous ne pouvez pas le manquer.

-Ah, et pour les autres ?

L’aubergiste sourit :

-Vraiment pour une femme de votre qualité, je ne vous conseillerais que celui-ci. A une époque, nous avions un baron qui vivait près d’ici. Il en avait fait son livreur personnel.

Ftiuco retrouva le sourire :

-Vraiment ? un baron ?

-Eh oui.

-Je vous remercie.

-Je vous en prie.

Elle laissa là l’aubergiste pour se rendre chez le boucher en suivant les indications données. Une clochette tinta lorsqu’elle ouvrit la porte et un homme de haute taille apparut :

-Oui ?

-Bonjour, je viens parler à votre fille, est-elle là ?

L’homme fronça les sourcils en la détaillant de bas en haut :

-Vous êtes… ?

-Une amie en quelque sorte.

La princesse avait conscience que sa tenue trahissait un rang plus élevé et qu’il n’y avait aucune chance qu’il puisse croire que sa fille ait une telle amie, mais il fallait tenter le coup. Comme elle s’y attendait, l’homme se méfia :

-Une amie, vraiment ? Et d’où vous connaissez-vous ?

Elle évita de répondre en disant :

-J’ai un message pour elle de la part du baron.

Le boucher ne cacha pas sa surprise :

-Le baron ? Il n’y a plus de baron ici, depuis un an au moins.

-Mais vous lui livriez la viande, non ?

Le fait qu’elle connaisse ces détails semblèrent le détendre :

-Oui, c’est vrai. Ma fille faisait la livraison.

Elle sourit :

-Vous n’avez aucune inquiétude à avoir, ce message est un remerciement pour les services qu’elle lui a rendu. Il a dû partir précipitamment et n’a pas eu le temps de la saluer comme il l’aurait voulu.

-Oh, vraiment ?

Elle hocha la tête et il resta un instant à la dévisager, ne croyant visiblement qu’à moitié ce qu’elle venait de raconter. Pourtant, il finit par se tourner vers l’arrière-boutique et cria :

-Yli viens voir !

Personne ne répondit, alors il s’éclipsa à l’arrière, laissant Ftiuco seule. Elle se demanda comment elle devait réagir si la jeune fille refusait la proposition. Cependant, elle n’eut pas le temps d’y réfléchir plus avant, car le boucher revenait accompagné d’une fille aux cheveux raides et cuivrés, le visage couvert de tâche de rousseur.

-Bonjour.

Elle avait une voix basse et douce qui fit sourire la princesse :

-J’ai un mot pour vous, puis-je vous voir en privé ?

Yli jeta un regard à son père avant de rejoindre Ftiuco qui la mena devant la boutique. Quand elle fut assurée d’être hors de portée d’oreille indiscrète, elle récita le message qu’elle avait appris par cœur. La jeune fille se mit à rougir quand elle eut fini et Ftiuco s’empressa d’ajouter :

-Si vous souhaitez répondre favorablement à la demande, retrouvez-moi au chêne à l’entrée du village, ce soir.

Elle s’éclipsa avant que Yli ne puisse lui poser la moindre question et rentra à l’auberge. Quand elle se retrouva dans sa chambre, la fatigue la rattrapa brusquement et elle se coucha pour s’endormir aussitôt.

 

Elle se réveilla en sursaut craignant d’avoir manqué le rendez-vous, mais le jour se couchait à peine. Néanmoins, elle se leva rapidement et descendit. Une odeur de viande fumée lui vint aux narines provoquant un gargouillis dans son ventre. Une fois au rez-de-chaussée, elle tomba sur son cocher attablé devant une gamelle fumante. En l’apercevant, il la rejoignit précipitamment :

-Votre altesse, vous êtes réveillée ? Vous avez faim ?

Résistant à la faim, elle répondit :

-Je dois m’occuper de quelque chose, je reviens tout à l’heure.

-Dois-je vous accompagner ?

-Oh non, je vois que vous êtes en train de manger. Finissez donc, je ne risque rien, je vous assure.

Elle sortit avant de céder à son estomac. Si elle savait où se rendre, en revanche l’heure était très floue. Elle arriva sous l’arbre et aperçut presque aussitôt l’Archiduc dans les branches. Elle lui sourit :

-Vous n’avez jamais les pieds sur terre, vous.

Il descendit un peu et Ftiuco réalisa soudain qu’il était plus jeune que ce qu’elle avait cru. Sans doute plus qu’elle.

-Vous avez quel âge ?

Il haussa les épaules :

-ça n’a pas d’importance. Lui, c’est le petit roi.

Il pointa sa chouette du doigt. Ftiuco fit la révérence :

-Votre altesse.

L’Archiduc eut un léger sourire. Il émit un petit sifflement et le volatile s’en alla rejoindre l’épaule de la princesse. Elle rit en avançant un doigt prudent pour le caresser.

-Vous êtes ici depuis longtemps ?

Nouveau haussement d’épaule du garçon :

-Le temps qu’il faut.

Ftiuco eut soudain une idée :

-Je reviens.

La chouette quitta son épaule dès qu’elle se mit en mouvement. Elle courut jusqu’à une boutique de confiserie, arrivant à temps avant que la femme ne ferme la boutique. Ftiuco acheta quelques biscuits avant de retourner vers l’arbre. Elle les tendit à l’Archiduc :

-Vous n’avez probablement pas mangé.

Il ne se fit pas prier pour la rejoindre. Ils s’assirent au pied de l’arbre pour grignoter en attendant la jeune fille. Quand elle arriva, l’Archiduc se mit aussitôt debout et les mena aux chevaux attachés plus loin.

Comme la fois précédente, il leur banda les yeux pour les mener à un autre repaire.

 

C’était un nouvel endroit. Des cabanes de bois et de feuilles étaient dispersées autour d’un feu. Des arbres géants les entouraient. Il y avait moins de personne que lors de la première fête. Sans doute que ce n’était qu’un campement intermédiaire.

-Elles sont là !

Le Duc et le Baron leur firent de grands gestes des bras en les apercevant. Ftiuco se surprit à leur faire un petit signe de la main en retour. Ils vinrent l’aider à descendre de cheval et la menèrent près du feu pendant que l’Archiduc conduisait la jeune fille au milieu des cabanes. Ils s’assirent dans l’herbe et le Duc lui tendit une assiette qu’elle prit avec gratitude.

-Alors ?

Elle leva les yeux vers lui pour se rendre compte que le Duc et le Baron la dévisageaient avec une certaine attente. Ftiuco prit le temps d’avaler avant de demander :

-Alors quoi ?

Le Baron répondit :

-Le petit noble que nous avons dévalisé vit chez vous à ce qu’il paraît.

Elle ouvrit des yeux ronds :

-Comment le savez-vous ?

Le Duc s’empressa de répondre :

-On sait tout. Vous allez tenter de sauver votre famille en l’épousant ou notre marché tient toujours ?

La princesse soupira :

-J’aimerais éviter de l’épouser.

-Vous êtes sûre ?

Elle dévisagea le Duc avec surprise :

-Oui, pourquoi cette question ?

Le Baron l’apaisa d’un geste de la main :

-On comprendrait et, pour dire la vérité, on vous le conseillerait.

Loin de se calmer, Ftiuco se sentit paniquer :

-Vous ne nous accepterez pas, c’est ça ?

Le Duc secoua la tête :

-Non, ce n’est pas ça. Seulement, ce serait plus facile.

-Quoi donc ?

-La vie.

Il la fixa avec un grand sérieux :

-Vous auriez un toit, de la nourriture. Il faut que vous réalisiez. Nous perdons des gens tout le temps, la faim, le froid, les maladies.

Ftiuco eut un faible sourire :

-Même si je l’épouse, combien de temps avant que je revienne vers vous ?

-Au moins, vous seriez tranquille pour un peu plus de temps.

Elle réfléchit sérieusement aux mots du Duc, mais elle finit par froncer le nez :

-Vous l’avez déjà rencontré ? Ce noble ?

-Non, pourquoi ?

-Je n’arrive même pas à me rappeler son nom. Il est transparent à ce point.

Le Duc et le Baron échangèrent un sourire, puis le Duc reprit :

-On nous a dit qu’il vous suivait partout pourtant. Vous avez sûrement dû le remarquer.

Elle se contenta de passer son regard de l’un à l’autre, avant de prendre un air soupçonneux :

-C’est l’Archiduc, c’est ça ? C’est lui qui m’espionne ?

Ils se contentèrent de hausser les épaules, donc elle répliqua :

-Puisqu’il vous plaît, vous n’avez qu’à l’épouser.

Le Duc grimaça en pointant le Baron du menton :

-Peut pas, il serait jaloux.

Le Baron se contenta d’approuver :

-Complètement.

Ftiuco lâcha un faible rire en posant son assiette.

-Je dois y aller, mon cocher va s’inquiéter.

Le Duc l’aida à se relever et la ramena près de son cheval alors que le Baron courait chercher l’Archiduc. Quand ils furent prêts à repartir, le Duc lui saisit la main :

-Princesse, votre place parmi nous est assurée je vous l’assure, mais ne rejetait pas si facilement les autres possibilités.

Ftiuco finit par acquiescer :

-Je vais réfléchir.

Elle rentra à l’auberge et sur le chemin, demanda à l’Archiduc :

-Est-ce que c’est vous qui leur racontait tout ce qu’il se passe chez moi ?

Le jeune homme se contenta de hausser les épaules. Elle soupira et ne dit rien le restant du trajet. Elle alla se coucher dès qu’elle eut vu son cocher et ils repartirent tôt le lendemain.

 

Ftiuco pensa aux paroles du Duc durant tout le trajet du retour. Il était vrai qu’elle avait du mal à s’imaginer ce qu’était vraiment la vie au milieu des déchus. Le froid, la faim, la mort. Et puis, comment ses parents réagiraient-ils quand elle leur apprendrait qu’ils vivraient au milieu des hors-la-loi ? Il était évident que leur choix premier resterait le mariage. Elle pouvait au moins essayer.

Lorsqu’elle arriva, sa mère l’accueillit à bras ouvert :

-Il n’a pas arrêté de demander où tu étais.

Ftiuco n’eut pas le temps de demander le nom du noble à sa mère qu’elle la menait déjà vers lui. Elle eut un sourire crispé quand le jeune homme la salua. Puis, il partit aussitôt dans le récit de ses activités de la veille. La princesse tenta bien de s’y intéresser, mais elle décrocha au bout de quelques minutes. Elle essaya de dériver la discussion sur un autre sujet, mais le jeune homme semblait avoir le don de revenir à ce qui l’intéressait lui. Il ne lui fallut pas une heure pour savoir que ce mariage était au-dessus de ses forces.

Pourtant, lors du dîner, elle vit son père animé par la discussion du noble. Elle nota qu’elle ignorait encore son nom et que cela finirait par devenir gênant, mais son attention revint assez vite sur ses parents. Comment pouvait-elle imaginer que ses parents survivraient un hiver dehors ? Ils tomberaient malades, ils mourraient. Son regard repassa sur le jeune homme. Il fallait croire que le choix était fait qu’elle le veuille ou non.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article