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Indilk Apluri
Rang : Or
Héritier de la grande famille Apluri
Indilk observa sa nouvelle chambre sans trop d’attention. Elle ressemblait beaucoup à celle qu’il avait eu en première année. Après avoir vérifié que toutes ses affaires étaient présentes et rangées, il ressortit. L’adolescent n’hésita qu’une fraction de seconde avant de décider de ne pas prévenir Matharia de son plan. Indilk avait l’intention de trouver Onfionne sans tarder. Il ignorait si les Cinq arrivaient en même temps que les autres héritiers où si leur arrivées étaient décalées, mais le garçon avait l’intention de lui tomber dessus dès l’instant où il le croiserait.
Indilk se rendit directement au dortoir des troisième année, repassant toutes ses techniques lors du trajet. Après le long chemin qui relié l’espace des premières et secondes années de celui des troisièmes, l’adolescent se dirigea vers le bâtiment qu’une flèche indiquait comme dortoir. Il entra sans hésiter, monta les marches du premier étage et fit le couloir à la recherche de l’hydre, blason du Troisième. Quand il fut assuré qu’il n’y avait pas d’autres blasons des Cinq à part celui des jumeau à cet étage, Indilk passa au second. S’ils les ont mit chacun à un étage, dans l’ordre de leur hiérarchie, il sera au second.
Indilk vit aussitôt l’hydre sur la porte au fond du couloir, comme pour Hiloy en première année. Toujours sans ralentir, l’héritier d’or avança vers la porte et frappa. Il entendit un choc, un grognement, puis la porte s’ouvrit brusquement :
-T’es en avance…. T’es qui ?
Indilk répondit sans se départir de son calme :
-Je viens pour un duel.
-Les cours ont même pas commencé.
L’héritier d’or insista :
-Justement. Après, on sera trop occupé.
Onfionne secoua la tête :
-On est jamais trop occupé pour un duel.
-C’est vrai. Mais j’aime mieux commencer maintenant.
Onfionne haussa les épaules :
-OK. Attends deux secondes.
Il rentra prendre sa clé, avant de ressortir :
-On va dehors.
Indilk trouvait cela évident, mais ne dit rien. Ils étaient dans les escaliers quand un appel les arrêta :
-Onfionne ! Où tu vas ?
Le Troisième se tourna vers le Second :
-Un duel. Je reviens.
-Un duel ? Le premier jour ? Ça va pas non ?
Onfionne fronça ses larges sourcils :
-Qu’est-ce que ça change que ce soit aujourd’hui ou demain ?
Weikom descendit les marches pour les rejoindre :
-Avec qui vas-tu te battre ?
Onfionne donna un coup de coude à Indilk qui répondit :
-Avec moi. On s’est croisé l’année dernière, je ne sais pas si vous vous souvenez.
Comme le Second tendait la main, Indilk y glissa son blason. Le sourire de Weikom s’agrandit :
-Ah, ça me dit quelque chose en effet. Le frère assassiné. Tu veux te défouler sur Onfionne ?
Indilk mit les mains dans les poches de sa jupe :
-Vous ne m’avez pas tellement aidé au final. Alors, je chercher autrement.
Onfionne intervint :
-C’est quoi le rapport avec moi ?
Indilk se tourna vers lui :
-Tu étais dans sa classe.
-La classe de qui ?
-Léperra Apruli.
Onfionne se perdit dans ses réflexions à la recherche d’un quelconque souvenir de la personne nommée.
-Il a été assassiné en première année.
Le Troisième s’appuya à la rambarde :
-Oui, ça me dit quelque chose, mais c’est quoi le rapport avec moi.
Weikom répondit :
-Il doit penser que tu lui donneras des informations s’il te bat.
Indilk approuva d’un signe de tête. Onfionne se remit en marche :
-Génial. Allez, on y va.
Weikom soupira :
-T’es sérieux ?
Indilk lui reprit son blason et suivit le Troisième. Ils allèrent se mettre à l’écart des bâtiments et des héritiers qui exploraient l’école. Lorsqu’ils trouvèrent un endroit suffisamment isolé, ils se mirent en position avec Weikom pour témoin. L’héritier d’or ne tarda pas à se retrouver en défense, incapable de contre-attaquer. Après une bonne minute dans cette situation, Indilk cria :
-Temps mort ! Temps mort !
Onfionne s’arrêta plus par étonnement que par ce qui était dit. Il s’écarta en jetant un regard interrogateur à Weikom que la situation semblait amuser. Indilk en profita pour se détendre, décontractant ses épaules, ses jambes et sa nuque.
-C’est bon. On peut reprendre.
Onfionne croisa les bras :
-T’es sûr ? Encore un coup comme ça et je m’en vais.
Indilk hocha la tête et se remit en position. Le résultat fut le même que la première fois. Quand l’héritier d’or en eut assez, conscient qu’il ne le battrait pas aujourd’hui, il baissa sa garde. Le prochain coup fut reçu de plein fouet. Indilk tomba sur les genoux. Lorsqu’il vit le pied d’Onfionne lui arriver en pleine face, il se laissa tomber au sol :
-C’est bon. J’ai perdu.
Indilk savait que le Troisième avait la réputation de veiller à terminer ses duels par l’envoie à l’hôpital de son adversaire. Hors, Indilk n’avait pas les moyens de payer des soins rapides. Il ne pouvait pas se permettre de se retrouver immobilisé longtemps. Voyant qu’il abandonnait, Onfionne prit une mine renfrognée :
-C’est tout ? Tout ça pour ça ?
Indilk se releva tranquillement :
-Ne vous inquiétez pas. Je reviendrai. Il faut juste que je m’entraîne un peu plus apparemment.
L’idée plut à Onfionne :
-Tu vas revenir jusqu’au jour où tu me battras. C’est ça ?
Indilk mit les mains dans les poches de sa jupe :
-Oui. C’est l’idée. Quand je réussirais, tu me diras qui a tué mon frère.
Weikom éclata de rire :
-Il ne sait rien du tout.
Onfionne pencha la tête avec un sourire :
-C’est vrai. Ça sert à rien au final. Mais si tu veux quand même te battre, je ne suis pas contre.
Indilk acquiesça en répétant :
-Je reviendrais. Je sais que tu sais quelque chose.
-Ah bon ?
Indilk les planta là, après les avoir plongeait dans la perplexité. Il se permit un sourire discret en se dirigeant vers la chambre de Matharia. S’ils croient être les seuls à pouvoir jouer à ces petits jeux.
L’héritier d’or allait frapper à la porte de la jeune fille quand celle-ci l’ouvrit. Elle eut un léger sursaut en le voyant, mais se ressaisit vite en apercevant le coquard qui apparaissait sous son œil :
-Oh, bordel, t’as fait une connerie.
-Alors, non…
Avant qu’il ne puisse continuer, elle le tira par le veston pour le faire entrer. Indilk observa la chambre tandis qu’elle fermait la porte :
-T’es allé voir le Troisième, c’est ça ?
L’héritier d’or se laissa tomber sur une chaise et croisa les jambes :
-Tu me connais trop.
Matharia rit :
-T’as vu ta tête ? C’est juste évident.
Indilk grimaça en remarquant que deux de ses ongles s’étaient cassé dans la lutte. Il déroula une trousse plate attachée à sa ceinture contenant un nécessaire de manucure et des vernis. Pendant qu’il commençait à s’occuper de ses mains, Matharia l’interrogea :
-Tu as perdu alors ?
-Évidemment. Mais j’ai vu qu’il mettait sa clé dans la poche arrière de son pantalon.
-Cool, mais changement de plan.
Indilk leva un regard désespéré vers sa petite amie :
-Non, t’es sérieuse ? Je me suis fait cassé la gueule pour rien ?
L’héritière d’argent leva les sourcils :
-Si seulement, tu avais, je ne sais pas, attendu avant de foncer faire n’importe quoi.
-Faire n’importe quoi, c’est un peu ma nature, il semblerait.
-Je crois. Depuis l’année dernière en tout cas. Bref.
Elle conclut en ouvrant un tiroir du bureau pour en sortir un cahier. Indilk stoppa son geste en disant précipitamment :
-Peut-être pas maintenant. Ta coloc peut entrer.
Matharia secoua la tête :
-Non. J’ai la même que l’année dernière et elle ne semble pas avoir changé.
-Cool… mais tu ne sais toujours pas où elle passe ses nuits ?
-Je pense qu’à ce niveau là, la question est plutôt passé du avec qui qu’au simple où.
Comme elle se perdait dans ses pensées, Indilk tapa du poing sur le bureau :
-Et on revient sur terre s’il vous plaît !
Matharia baissa sur lui un regard nullement impressionné :
-Tu te calmes, oui ?
Il retourna à sa manucure :
-Pardon.
L’héritière d’argent plaça sa chaise près de lui et ouvrit le cahier :
-Tout d’abord, parlons des vieilles pistes. Ce Gondémàr, on continue de se renseigner ou pas ?
-T’avais trouvé quelque chose ?
-Franchement, non. De nos échanges de l’année dernière, je me souviens très, très, très bien qu’il était chiant comme un chien mort. A mon avis, c’était une fausse piste. On l’avait trouvé comment celle-là d’ailleurs ?
Indilk souffla sur ses ongles :
-Je sais plus. Un espion non ?
-Peut-être. Je raye ?
-Je pense oui.
Elle s’exécuta :
-Ensuite, Elférad, on a rayé. Le fait qu’un autre héritier est mort en même temps, mais pas au même endroit que ton frère…
Indilk plissa les yeux comme si cela pouvait aiguiser sa réflexion :
-D’où on le sort ça ?
Matharia fouilla ses notes :
-Un gars de seconde année.
-Fiable ?
-Autant que les autres… mais pour le coup, on a encore rien vérifié de cette info.
-On garde.
Matharia lui tapota l’épaule de son stylo :
-On en vient au plan. Je pense toujours que l’on doit tenter notre première idée avant que tu n’optes pour le vol de la clé de la chambre du Troisième. Surtout que maintenant que tu l’as cherché, il risque de te soupçonner directement.
Indilk soupira en rangeant sa trousse. S’ils voulaient pouvoir avoir accès au dossier de la classe de son frère, ils leur fallait entrer dans les archives, annexe du bureau du directeur. Son option à lui était de voler un passe-partout comme la carte des Cinq pour pénétrer sans effraction dans le bureau, en pleine nuit. Le problème étant les caméras.
-Je suis bien d’accord, mais la seule autre option, c’est de voler un passe au surveillant et t’a pas voulu parce qu’un surveillant peut se faire virer, alors que les Cinq…
Matharia sourit :
-Non, l’autre option, c’est mon plan.
-Tu pars du principe que l’on aura droit au jeu des souhaits.
-Tu pars du principe que les cartes des Cinq sont des passe-partouts.
-Ils peuvent sortir de leur chambre la nuit !
-Ça veut juste dire que leur clé marche la nuit !
-Sur une porte fermée !
-QUE leur porte !
-Prouve-le !
-Si t’arrêtes de crier !
-Pardon.
-Donc, je ne peux pas le prouver, mais mon plan est moins hasardeux parce qu’on sait que le jeu des souhaits revient depuis au moins deux ans.
Indilk acquiesça de mauvaise grâce :
-Mais il faut compter sur des premières années…
-Oh, ça va. On va rien leur demander d’illégal. Ils n’auront pas de problème. Contente-toi de continuer à te faire tabasser par le Troisième.
Indilk ricana. Lors de la première année, il avait fait l’erreur de harceler les secondes années, si bien qu’il avait fini par se faire une réputation. Le première année qu’il fallait éviter. A présent, l’héritier d’or espéré calmer les esprits en ne se concentrant que sur le Troisième. S’ils étaient tous persuadés qu’il s’acharnait sur Onfionne pour des informations, ils penseraient sûrement s’être débarrassé de lui pour un moment.
Indilk se tourna vers Matharia et passa un bras autour de sa taille :
-Donc, si ta colocataire n’est pas là et ne rentre pas…
La jeune fille se dégagea :
-Je vais quand même fermer la porte à clé. La prudence, mon cher, toujours la prudence.
-La quoi ? Connais pas.
Matharia fit jouer le verrou et revint vers lui en riant :
-C’est pour cela que tu es à l’école. Apprendre la patience, la prudence et peut-être développer ton intelligence.
L’adolescent lui fonça dessus. L’héritière d’argent tendit les bras dans un geste défensif, riant toujours. Indilk la souleva sur son épaule et se laissa tomber sur le lit.
Indilk fixait le plafond sans espoir de se rendormir. A croire que son frère avait emporté son sommeil dans la mort. Tout c’était rapidement dégradé lorsqu’ils avaient reçu l’annonce de son décès. Son père était parti, sa mère buvait trop. Le clan même semblait s’être enfermé dans une étrange léthargie. Quand Indilk avait reçu la convocation de l’école, sa mère avait obstinément refusé de le laisser partir. Bien sûr, allez savoir comment, le Roi fut averti des intentions de la chef de clan. Cela résultat en un avertissement de dissolution si un héritier n’était pas envoyé à l’école à la prochaine rentrée. Indilk avait empêché sa mère de choisir un garçon inconnu qu’elle aurait fait passé pour lui et avait réclamé de faire sa rentrée. Il voulait connaître les raisons de la mort de son frère, le venger.
Les choses auraient sûrement mal tourné pour lui aussi s’il n’y avait pas eu Matharia. Le poids de la jeune fille endormie sur son corps était comme une ancre. Il l’obligeait à rester calme et immobile, à réfléchir. La plupart du temps, cela lui permettait de replonger dans ses souvenirs. L’héritier d’or revoyait surtout les cerf-volants dans la chambre son frère. Il les fabriquait lui-même, une véritable passion.
-Tu penses à ton frère ?
-Mmmh. Comment tu sais ?
Matharia rejeta les cheveux qui lui tombaient sur le visage :
-Battement de cœur et respiration régulières. Définitivement pas en train de penser à l’école, à la vengeance, aux Cinq ou quoi que ce soit d’autre.
Il sourit en lui caressant les cheveux :
-Je pourrai être en train de penser à toi.
Matharia rit :
-Tu penses toujours à moi.
-C’est vrai. Alors comment cela ce fait-il que je ne sois pas calme tout le temps ?
La jeune fille redressa la tête en appuyant son menton sur le torse de l’adolescent :
-Cela veut dire que tu ne penses pas à moi tout le temps, ce que je trouve particulièrement outrageant, permets-moi de te le dire.
-Je te permets.
Indilk referma ses bras sur le corps athlétique de la jeune fille et ferma les yeux en espérant retrouver le sommeil.
- N’essaie pas de dormir, tu resteras debout toute la nuit.
-J’ai des choses à faire cette nuit.
Elle tenta de se redresser, mais il la bloqua dans son étreinte, ce qui la fit rire. L’héritière d’argent se rallongea en déclarant :
-Tu vas passer ta première nuit à l’hôpital ?
-Y a des chances, oui.
Matharia réfléchit une seconde avant de supposer :
-Tu va emmerder le Troisième…
-En pleine nuit, oui. Rien de tel pour nouer des liens.
L’adolescente sourit en levant les yeux au ciel :
-On avait dit qu’on était raisonnable.
-Exact. Tu le seras pour nous deux cette nuit.
Matharia devint sérieuse :
-Je ne viens pas ?
-Non. Tu vas dormir. Moi, je ne dors pas de toute façon.
L’héritière d’argent n’aimait pas l’idée, mais elle savait faire la différence entre une décision prise sous l’impulsion et une à laquelle il avait réfléchi. Que le Troisième lui serve à détourner les soupçons ou pas, il n’était pas moins vrai qu’il avait été dans la classe du frère d’Indilk. Matharia repensa à son cahier :
-Tu crois que cette information est vraie ? Qu’il était dans la classe de ton frère.
-D’après sa réaction aujourd’hui, oui.
Un instant de silence avant que Matharia ne relance :
-Tu vas rêver de cerf-volants ?
-Sûrement.
-On ne m’enlèvera pas de la tête qu’il aurait changer le blason en cerf-volant à un moment ou un autre.
Indilk rit :
-C’est certain.
L’héritier d’or attendit patiemment que la dernière heure avant la fermeture des portes s’écoule. Au vue de la fraîcheur des nuits, Indilk enfila des collants, une jupe longue et un pull. Lorsque le décompte commença, il enroula une écharpe autour de son cou avant d’enfiler un manteau. A deux, l’adolescent se glissa hors de sa chambre. Le son des portes qui claquent le firent frissonner. Ça ne m’avait pas manqué. Bien emmitouflé, Indilk sortit des dortoirs pour s’aventurer sur la route menant au domaine des troisième année. Il atteignit la porte du Troisième sans difficulté et se mit à frapper chez l’adolescent en attendant une réponse.
Quand la porte s’ouvrit, Indilk vit un poing lui foncer sur le visage sans avoir la moindre chance de l’éviter. Sa tête bascula dangereusement sur son cou. Il évita la chute en faisant quelques pas en arrière. Pendant une seconde, l’héritier d’or se demanda pourquoi il voyait le plafond.
-Aouch ?
Il redressa la tête et un flot de sang se déversa de son nez qu’il essuya avec sa manche :
-Oui, aouch.
La porte s’était refermée sans qu’il sache à quel moment. Probablement sitôt que le projectile ait atteint son objectif. Indilk se mit sur le côté de la porte avant de se remettre à frapper frénétiquement. Cette fois, quand Onfionne ouvrit, le Troisième resta une seconde surpris de ne voir personne. Cela suffit à Indilk pour bloquer la porte avec son pied :
-Bonsoir.
-Encore toi ? C’est une blague.
-J’ai un très pauvre sens de l’humour.
Onfionne croisa les bras, restant dans l’encadrement de la porte au cas où il aurait tenter d’entrer :
-Je n’en doute pas. Tu veux quoi ?
Indilk proposa :
-Un nouveau duel ?
Le Troisième ricana :
-Non. J’ai sommeil.
L’héritier d’or chercha comment poursuivre la conversation. Bien sûr, il cherchait des informations, mais il savait qu’il ne les aurait pas de lui. Indilk répéta ce qu’il lui avait dit plus tôt :
-Je sais que tu étais dans sa classe.
-Oui, mais je ne lui ai jamais parlé. J’étais très occupé en première année.
-Vraiment ?
Onfionne eut un air suffisant :
-Tu crois être le seul à chercher vengeance ?
Indilk croisa les bras à son tour :
-Une vengeance ? Et ça se passe comment ?
-Disons que j’ai pas eu besoin d’une seconde année pour régler le problème.
L’héritier d’or ne se gêna pas pour dire :
-Les moyens ne sont pas les mêmes.
-Tu as raison. Les gens ont plus peur de moi que de toi.
-Ils parlent quand ils sont peur.
Onfionne secoua la tête :
-Non, ils courent.
Indilk ajouta :
-Sans doute, mais vous avez plus de moyen de les soudoyer.
-Tu crois ?
L’héritier d’or savait bien qu’un haut statut n’était pas synonyme de richesse, mais quand il s’agissait des Cinq, il avait du mal à y croire.
-Entre.
Indilk plissa les yeux avec méfiance :
-Pourquoi ?
-Parce que je n’ai pas l’intention de me battre à cette heure et si je ferme la porte, qu’est-ce que tu feras ?
-Je ne pourrai pas m’empêcher de frapper, sans aucun doute.
Onfionne dégagea le passage :
-Comme aucun de nous deux n’a l’intention de faire plaisir à l’autre, il vaut mieux continuer de discuter à l’intérieur. Ça éviterait que le connard de la chambre d’à côté ne nous écoute.
Indilk jeta un regard à la porte de la chambre voisine :
-C’est un connard ?
-Je sais pas. Je le connais pas.
Sur ces mots, Onfionne disparut dans la chambre. Indilk n’hésita pas à le suivre. Dès qu’il fit un pas dans la pièce, l’adolescent aperçut les notes sur le mur de droite. Comme le Troisième fermait la porte, Indilk prit cette direction pour observer les papiers. Ceux-ci étaient couverts de chiffres et de signes. Un code ? Aussitôt, il tenta de deviner ce que tout cela pouvait signifier.
-Tu as combien d’allié ?
Sans quitter le mur des yeux, Indilk répondit :
-J’en ai.
-Ton héritière d’argent ne compte pas.
L’héritier d’or tourna la tête vers le Troisième qui s’était assis sur son lit :
-Pourquoi ?
-Parce qu’un allié doit t’apporter le soutien d’un clan. Si vous êtes du même clan, vous n’êtes que deux gamins qui courent partout.
Indilk saisit l’idée et revint au mur. Si les numéros correspondent à des lettres………. Non, ça ne marche pas.
-En qui as-tu confiance ?
-Matharia.
-Ton héritière d’argent ?
Il hocha la tête. Si c’est du hasard, le numéro qui revient le plus doit être le « e ».
-Qui d’autres ?
-Personne.
-Deuxième erreur.
Indilk se détacha à nouveau du code pour porter ses yeux uniformément noir sur Onfionne :
-Parce que vous faîtes confiance à des héritiers d’autres clans vous ?
-Au moins quatre et ils sont plus puissants que n’importe lesquels que tu pourra avoir.
Le Troisième avait parlé avec une certaine suffisance, mais la seule chose qu’Indilk nota fut qu’Hiloy n’était pas inclus.e. Le Premier, le Second et les jumeaux. Un an d’écart à certainement portait du tort à lae Cinquième.
-Ils vous ont aidé à vous venger sans contrepartie ?
-J’ai gagné leur confiance. Je ne vais pas mentir, avec Weikom s’était compliqué, mais on est arrivé à un point où les contreparties ne sont plus de mise.
-C’est sûr que le Second n’est pas du genre à foncer les yeux fermés.
-Tu as au moins un plan ?
Indilk resta à le dévisager et le remarquant, Onfionne lui rendit son regard. Voyant qu’il attendait sa réponse sans penser à autre chose, l’héritier d’or répéta :
-J’ai dis que Weikom n’était pas du genre à foncer les yeux fermés. Parce qu’il est aveugle. Il a toujours les yeux fermés.
Après quelques secondes, le Troisième finit par comprendre :
-Tu veux vraiment une réaction à cette blague de merde ?
Indilk fit remarquer :
-L’humour n’est pas mon fort, alors qu’en j’en fais, j’apprécie qu’on le remarque.
-J’avais compris la première fois. C’est juste pas drôle.
Indilk restant de marbre, Onfionne ajouta :
-J’avais remarqué ta blague.
-Merci.
Il retourna au code.
-Alors ? Le plan ?
-J’en ai un.
-C’est quoi ?
-C’est un plan.
-C’est déjà pas mal, je suppose.
-C’est mieux que rien.
-C’est sûr.
Onfionne l’observa tandis qu’il continuait de tenter de déchiffrer les notes.
-T’y arrives ?
Indilk fronça les sourcils :
-Les chiffres ne sont pas liés à des lettres.
-Tu crois ?
-Je me demande d’où vienne les signes.
-Je les ai inventé.
Plus compliqué donc. Sauf s’il ment.
-Tu veux un indice ?
L’héritier d’or fit volte-face :
-Oui, carrément.
-Ça concerne l’école.
-Je me doutais un peu que c’était pas une recette de cuisine.
-Je te sens déçu.
Indilk haussa les épaules en revenant au mur :
-Oui, mais pas tellement surpris.
-C’est quoi ta théorie maintenant ?
-Je cherche si un chiffre revient plus souvent que les autres, qui pourrait être un « e ».
-Et ?
-J’essaie de compter mais vous parlez trop.
-OK.
Les heures défilèrent dans un profond silence. A un point qu’Indilk finit par se détourner du code, fatigué de ne pas avancer, en se demandant si le Troisième ne s’était pas éclipsé. Celui-ci était simplement endormi. Le regard de l’héritier d’or se posa par hasard sur la grande armoire dans un coin de la chambre. Il repensa au plan. S’il prenait des vêtements du Troisième et qu’on les reconnaissait, Onfionne aurait toujours moins de problème qu’un autre héritier. T’as promis à Matharia que tu lui laisserai du temps pour s’en occuper. Indilk fit un pas vers l’armoire. Mais une occasion pareille… Il fit un autre pas quand il s’arrêta pour se tourner vers Onfionne. Pendant un long moment, l’adolescent fixa le Troisième avec attention :
-Vous dormez ?
Aucune réaction.
-Est-ce que vous feriez semblant de dormir pour voir si je vais fouiller ?
Il patienta un peu avant d’envoyer un violent coup de pied dans le sommier en criant :
-Vous dormez ?!
Onfionne ricana en ouvrant les yeux :
-Avec un fouteur de merde dans ma chambre, évidemment que je fais semblant.
Indilk eu un profond soupir. Le Troisième se redressa :
-Je te sens déçu.
-Oui, mais pas tellement surpris.
Il retourna au code.
-T’as de nouvelles idées ?
-Pas encore.
-Prends ton temps.
-Il est quelle heure d’ailleurs ?
Onfionne se pencha pour apercevoir son réveil :
-Une heure.
L’héritier d’or tendit le bras pour saisir une note dissimulée par une autre avant d’arrêter son geste :
-Je peux ?
-Fais donc.
Il prit la note, la rapprocha de ses yeux comme si le papier même aurait pu l’informer du code qui y était écris, puis le mit à une place différente. Il en déplaça deux-trois ainsi en attendant une réaction. Rien du tout ? L’ordre ne doit pas être important. Elles n’ont peut-être aucun lien entre elles. Indilk finit par s’asseoir sur le sol. Reprenons. L’adolescent tint encore un bon moment avant de s’endormir.
Lorsqu’il ouvrit les yeux quelques heures plus tard, sa gorge se serra une seconde en voyant Tefpiro et Oru qui le dévisageaient. Se reprenant aussitôt, Indilk se leva l’air de rien. L’adolescent s’étira, grimaçant sous les douleurs qu’une nuit sur le sol ne manqua pas de provoquer. Il ne tarda pas à remarquer la présence de Weikom qui secouait Onfionne. Celui-ci finit par grommeler :
-Quoi encore ?
Le Second continua de le secouer :
-D’une part, tu vas être en retard, pour changer. D’autre part, il y a quelqu’un dans ta chambre.
Le Troisième bailla en s’étirant :
-Je sais bien. C’est dur de le manquer.
Indilk s’inclina devant les jumeaux qui semblaient sans voix de le trouver là. Le Second était tout aussi surpris et quand l’héritier d’or décida de se diriger vers la sortie, Weikom fit signe aux jumeaux de l’arrêter. Ceux-ci retrouvèrent leurs sens à ce moment-là et bloquèrent le passage de l’adolescent.
-Qu’est-ce que tu fais ici ?
Onfionne sauta du lit pour se diriger vers sa salle de bain :
-Mais rien, laissez-le partir.
Les jumeaux interrogèrent Weikom du regard qui, après un instant d’hésitation, leur fit un nouveau signe. Tefpiro et Oru s’écartèrent, continuant de dévisager Indilk comme s’il venait d’une autre planète. L’héritier d’or se dirigea vivement vers son dortoir en se demandant l’heure qu’il pouvait être. J’aurais dû regarder le réveil. Vu que les portes sont ouvertes, il est au moins six heures. Il arriva à sa chambre en un temps record. Un coup d’œil à son réveil lui apprit qu’il n’était pas aussi tard qu’il avait commencé à le croire. Néanmoins, l’adolescent passa directement un uniforme, s’empara de son sac préparé la veille et sortit pour aller prendre son petit-déjeuner. Il alla frapper à la porte de Matharia au passage. Se trouvant sans réponse, il s’engagea dans l’escalier. La jeune fille l’attendait à la sortie.
-Woh, t’as été rapide aujourd’hui.
-J’ai cru être en retard.
-C’était bien l’hôpital ?
-Il y a eu un changement.
-Oh merde.
Indilk se mit en route pour le réfectoire suivit de près par Matharia :
-Quel changement ? Qu’est-ce que tu a fais ?
-Panique pas. J’ai tué personne.
-C’est pas à ça que je pensais, mais maintenant que tu le dis.
L’héritier d’or fronça les sourcils :
-Tu pensais à quoi ?
-Bah, qu’il y avait eu un problème avec le Troisième. Tu es allé le voir, t’as fait une connerie et… résultat t’as dormi où ? T’as défoncé la porte de ta chambre pour rentrer ?
Indilk poussa les portes du réfectoire et se dirigea aussitôt vers les plateaux :
-Non, j’ai dormi dans la chambre du Troisième.
Matharia resta une seconde figée avant de se réveiller :
-Mais comment t’es passé de la recherche d’info à la fête pyjama ?
Indilk y réfléchit un temps en réalisant que c’était, en effet, curieux. Après s’être repassé leur discussion, il put répondre :
-J’étais trop chiant.
Matharia le suivit jusqu’à une table à proximité :
-Non, mais attend, les gens chiants, on les chasse, on les invite pas à dormir.
-Il était chiant aussi.
La jeune fille nageait dans l’incompréhension, mais jugea préférable de passer à la suite :
-T’as appris quelque chose alors ?
En réponse, Indilk sortit un de ses cahiers et crayon pour écrire les notes du code qu’il avait mémorisé durant la nuit.
-Qu’est-ce que c’est ?
-Onfionne avait des tas de trucs comme ça écrit sur son mur.
-En quoi c’est lié à notre affaire ?
-En rien.
Matharia leva les yeux au ciel et se concentra sur son petit-déjeuner. Indilk mangea tout revenant régulièrement à son écriture. Lorsqu’ils finirent leur repas, l’héritier d’or n’avait toujours pas fini de tout écrire. Au moment de se séparer, les adolescents s’enlacèrent avant de rejoindre chacun leur salle.
Indilk continua d’écrire en marchant et s’installa sur un rebord de fenêtre une fois devant sa classe. L’adolescent fit à peine attention à ses camarades qui arrivaient au compte goutte. Cependant, il releva la tête lorsqu’un silence se fit aux alentours.
Au bout du couloir, arrivé Elférad et trois silhouettes sur ses talons qui marchaient tête basse. Les crânes rasés et le « E » gravé à la lame de rasoir sur les fronts, il ne restait rien des anciens héritiers d’argent. Indilk se demanda si Elférad avait réfléchit longtemps avant de prendre cette décision. Ce n’était pas rien de faire disparaître trois amis. Ils ont vraiment dû merder. De toute évidence, Indilk ne s’était jamais imaginé que l’héritier d’or puisse faire subir ce genre de sort à qui que ce soit. L’adolescent retourna à ses notes. Il avait presque fini.
-...Indilk, vous croyez ?
Le garçon dressa l’oreille en percevant son nom, tout en gardant les yeux sur son cahier. Falibi, Hiloy, Laxo et Bélera discutaient à quelques pas. Falibi répondit à la question posait par Bélera :
-Si c’était Matharia, elle l’aurait accompagné.
Indilk devina le sujet de la discussion. Gec-Nüj ne reviendrait sûrement pas dans cette classe. La présence de Xutik et le fait qu’il soit désormais lié aux Cinq, obligeait le clan à prendre quelques précautions. Par conséquent, leur classe se trouvait avec une place disponible. Malgré tous les efforts déployés par sa mère, Indilk et Matharia n’avaient pas pu être dans la même classe. Cela signifiait simplement qu’un clan les avait devancé. Quand à savoir qui ? L’héritier d’or eut sa réponse lorsque Qegh arriva, accompagnée par son héritière d’or. Indilk retint un rire mauvais, jaloux d’être privé de la présence de son héritière d’argent pour celle-ci. L’héritier d’or marmonna un juron à leur encontre, puis se leva lorsque la porte s’ouvrit.
Bien que la salle fut différente de l’année passée, chacun s’installa à la même place. L’héritière d’or de Qegh prenant la sienne, Indilk se retrouva près de Xutik. Celui-ci l’accueillit d’un air morne :
-Ça va toi ?
-Ta gueule.
-Eh bah, super.
Indilk passa son temps perdu dans ses réflexions. Comme l’avait prévu Matharia, l’enseignant leur parla du jeu des souhaits qui se dérouleraient sous peu. Cela le fut tout juste soupirer. Lorsqu’il rejoignit Matharia pour le déjeuner, il commença :
-Tu sais, je reste dubitatif…
-C’est fou, tu veux absolument que mon plan ne marche pas. Il n’y a pas de raison qu’il marche moins que le tien.
Indilk prit un air mauvais qui l’amusa :
-Pour l’instant, on fait ça. Si ça ne marche pas, il sera toujours temps de tenter de piquer des passes et d’exploser des caméras.
-Comment tu sais pour les caméras ?
-Indilk…
Il secoua la main pour montrer qu’il était inutile de continuer.
-Soit. Mais, mon problème, c’est que même avec le jeu des souhaits, ils peuvent refuser d’obéir. N’oublie pas ce que le prof nous a dit, ils ont le droit de refuser si la demande leur semble indécente.
-Tu joueras de ton charisme de seconde année. Si on se montre assez intimidant, ils n’oseront pas refuser.
Indilk admit que cela pouvait fonctionner. Il avait conscience que les gens le regardaient rarement dans les yeux à cause de ses airs peu avenants. Aussi, quand l’ouverture du jeu des souhaits fut officiellement annoncé, Indilk fut prêt à mettre en pratique le plan de Matharia. Il faut trouver des premiers années qui pourraient m’inspirer. Installé sur un banc du jardin, jambes croisés, le menton appuyé sur sa main, il observa les passants. L’adolescent perdait patience lorsqu’il aperçut deux garçons passés. Les héritiers en eux-même n’avaient pas attiré son regard, c’était le violon accroché à la ceinture de l’un et la flûte glissait dans celle de l’autre qui avait éveillé son intêret.
-Matharia !!
La jeune fille assise de l’autre côté du banc se leva en sursaut :
-Quoi ? Quoi ?
Indilk pointa le doigt vers les deux premières années :
-C’est eux.
-Si tu veux.
L’héritier d’or avança à grands enjambés pour les rattraper :
-Hey, vous deux.
Un garçon aux yeux rouges pailletés de noir se tourna vers lui :
-Nous ?
-Vous voyez quelqu’un d’autre ?
Ses cheveux passèrent du noir au rouge lorsqu’il quitta l’ombre du bâtiment pour rejoindre Indilk :
-Qu’est-ce que tu veux ?
La réplique sèche fit stopper Indilk. Ça va pas chez lui ? L’héritier d’or observa l’adolescent au violon un moment avant de reprendre :
-Le jeu des souhaits est en cours. J’ai un souhait pour vous.
L’héritier d’argent du garçon, frêle, la peau brune et les yeux couleur rouille, lui saisit le bras pour l’éloigner d’Indilk et Matharia. Indilk devina le corps féminin de l’héritier d’argent malgré l’allure masculine :
-Ils se cassent là, non ?
La jeune fille ne put qu’acquiescer.
-Puisque le charisme ne marche pas, je peux leur casser la gueule pour les inciter à la discussion ?
Matharia rit en lui prenant la main pour courir après les premiers années :
-Hey, attendez !
L’héritier d’or s’arrêta bien que son héritier d’argent continuait à l’inciter à partir. Matharia s’empressa de prévenir :
-Vous êtes obligé de nous écouter.
L’héritier d’argent se pencha vers l’oreille de son ami pour lui chuchoter quelque chose. Le garçon répliqua alors :
-On a le droit de refuser si on aime pas le souhait.
Indilk pointa l’héritière d’argent :
-Elle peut parler toute seule ?
-Il t’emmerde.
Il est obligé de parler comme ça ? Indilk haussa les sourcils et se tourna vers Matharia, lui faisant comprendre qu’il allait probablement envoyer un premier année à l’hôpital dans moins d’une minute. L’héritière d’argent lui tint fermement le bras, se plaça devant lui et déclara :
-Vous devez quand même écouter. On veut que vous reteniez le directeur dans un certain endroit.
-Qu’on l’enferme ?
-Non, non. On va s’arranger pour qu’il sorte de son bureau. Vous, vous devrez veiller à le garder en-dehors du bureau pendant un moment.
Indilk secoua le bras pour montrer sa désapprobation. Elle en dit trop. Les deux garçons la dévisagèrent un temps, puis, dans le même moment, leurs visages s’illuminèrent. Lorsqu’ils s’entre-regardèrent, ils surent qu’ils partageaient la même idée. Malgré lui, Indilk frissonna. Il sentit Matharia reculer contre lui. L’héritier d’or passa un bras autour d’elle pour la rassurer. A cet instant, la vision de hyènes bavant devant une carcasse lui passa à l’esprit en regardant les premiers années. Ils revinrent vers eux et c’est à nouveau l’héritier d’or qui prit la parole :
-Combien ?
Indilk fronça les sourcils :
-Pardon ?
-Vous nous donnez combien pour faire ça.
Matharia tenta :
-C’est le jeu. On a pas à payer pour…
Indilk la fit taire en repassant devant. Sans ciller, il fixa l’héritier d’or droit dans les yeux. Il ne pouvait pas définir ce qu’il trouvait d’étrange chez eux, mais il était certain que ce n’était pas les genres d’héritiers que l’on manipule facilement. Ça t’apprendra à être intrigué par des instruments de musique. T’as eu tort sur ce coup là. Matharia ayant déjà parlé de ce qu’ils avaient l’intention de faire, ils ne pouvaient plus tellement reculer.
-Combien tu veux ?
L’héritier d’or sourit. Un sourire trop large ou trop denté, en tout cas, un sourire dont Indilk eut beaucoup de mal à ne pas se détourner. L’héritier d’argent murmura quelque chose à son oreille et son ami répéta :
-Deux milles.
Quoi ? C’est tout ? Indilk en aurait ri tant la somme était ridicule. Tout ce qui l’avait intimidé dans leur attitude venait de disparaître. Clairement, pour eux, c’est énorme. D’où ils débarquent ? Son regard passa sur les uniformes avant qu’il ne se souvienne qu’ils avaient dû enlever leurs blasons pour le jeu. Sans montrer son amusement ou son soulagement, Indilk hocha la tête en mimant la réticence :
-Deux milles ?… d’accord.
-C’est vrai ?
Les deux garçons étaient visiblement aux anges, ce qui amusa d’autant plus l’héritier d’or.
-On a pas tellement le choix de toute façon. Vous en savez déjà trop.
L’adolescent aux cheveux rouges se mit à rire :
-C’est vrai. Je pense qu’on devrait discuter des détails.
Indilk eut un sourire froid :
-Oui, faisons ça. On peut s’installer là-bas.
Il pointa le doigt vers le banc qu’il avait quitté quelques instants plus tôt. Le quatuor alla s’y installer. Les deux héritiers d’or s’installèrent, tourner pour se faire face.
-C’est assez simple en fait, on va provoquer quelque chose qui fera sortir le directeur de son bureau.
-C’est quoi que vous allez provoquer ?
Indilk échangea un regard vers Matharia. La jeune fille était clairement mal à l’aise avec les deux garçons, mais l’héritier d’or lui fit un signe imperceptible de la tête. Ressaisis-toi. On doit garder le contrôle de la situation. Lorsque l’héritière d’argent parla, rien ne trahissait son malaise :
-Une explosion.
L’admiration se lut aussitôt sur les visages des deux adolescents :
-C’est vrai ? Vous pouvez faire ça ? Comment ?
Indilk apaisa l’héritier d’or en déclarant d’un ton ferme :
-Secret. Mais ça attirera l’attention de beaucoup de monde, pas que du directeur. Vous serez sur place et ferez en sorte que le directeur y reste aussi.
-Combien de temps ?
Matharia répondit :
-Trente minutes maximum.
Indilk retint une grimace. Dit à haute voix, ce temps lui paraissait très long, pourtant, les premiers années se contentèrent d’acquiescer.
-Si on se fait arrêter, on dit quoi ?
Arrêter ? Il se croit où ? Comme Indilk était pris de court, ce fut Matharia qui répondit :
-On ne va pas vous arrêter. Pour quelle raison ?
Indilk vit un soupçon passait dans le regard de l’héritier d’or et son héritier d’argent se crisper. Cependant, cela ne dura qu’une seconde et le garçon se reprit :
-Je veux dire... si vous faites ça, c’est que vous voulez faire quelque chose dans son bureau, au directeur. Si on le retient trente minutes, il va bien se douter que l’on a quelque chose à voir avec ce que vous aurez fait chez lui. Là, ils peuvent très bien nous interroger, alors ?
Indilk claqua des doigts :
-D’où le jeu des souhaits. Vous direz que c’est un souhait, qu’on vous a demandé de faire ça, sans qu’on ne vous explique pourquoi.
L’héritier d’or demanda encore :
-S’il nous demande qui a formulé ce souhait… ?
Spontanément, Indilk répondit !
-Le Troisième.
Il remarqua un léger sursaut chez Matharia, mais il continua dans sa lancée :
-Ils n’oseront sûrement pas interroger le Troisième.
-Il est comment ?
-Grand, assez costaud, cheveux courts.
L’héritier d’argent murmura à son oreille :
-On fait ça quand ?
-Quand j’aurai récupéré l’argent. Je vous trouverez. Vous êtes dans quelle chambre ?
Les garçons lui donnèrent le numéro, demandèrent à recevoir la première moitié du versement avant le travail, puis partir. Indilk les regarda s’éloigner en déclarant :
-Matharia, je crois que l’on vient de se dégoter les espions les moins chers du pays.
Son héritière d’argent ne partageait pas son enthousiasme :
-Je n’ai pas confiance. Ils sont… malsains.
C’est le mot
-Je vois ce que tu veux dire, mais s’ils sont contents avec deux milles, je pense qu’ils seront heureux de garder le silence pour trois.
La jeune fille fronça le nez poussant Indilk à l’embrasser :
-Pour l’instant, notre plan avance, alors ne boude pas.
Elle haussa les sourcils :
-C’est notre plan, maintenant,
Indilk fit mine de ne pas l’entendre et se leva en réfléchisant à ce qu’il écrirait à sa mère pour demander l’argent.
Dès qu’il reçut la somme quelques jours plus tard, il se rendit dans la chambre des premiers années. Le garçon aux cheveux rouges-noirs sourit en l’apercevant :
-Ça y est ?
-Ça y est.
Indilk tendit la première moitié de la somme :
-Demain, on est en congé. On agit demain matin.
L’héritier d’argent apparut, saisissant l’enveloppe tendue et comptant rapidement son contenu. Une fois assuré d’avoir le montant, l’héritier d’or demanda :
-Vers quelle heure ?
-Disons après le petit-déjeuner, commencez à traîner vers le bâtiment de direction.
-Et bien sûr, on ne se connaît pas, on ne s’est jamais vu, etc.
-C’est ça. Vous vous en sortirez.
Le regard de l’héritier d’or manqua de le faire reculer. Il ne savait pas ce qu’il avait dit de mal, mais clairement, l’adolescent s’était sentit insulté. Son impression fut confirmée quand il lui claqua la porte au nez sans rien ajouter. OooooooooK. Indilk se détourna, une fois l’effet de surprise passé et alla trouver Matharia pour lui raconter ce qu’il venait de faire. La jeune fille était toujours mal à l’aise à l’idée de s’impliquer avec les deux garçons.
-Ce n’est que pour le plan. Après demain, tu ne les verras plus.
L’héritière d’argent fit remarquer :
-Où ils pourraient essayer de nous faire chanter. Ils n’ont pas l’air d’être des héritiers « classiques ».
-S’ils tentent quelque chose de ce genre, on investira dans un vrai espion pour qu’il leur arrive un accident.
Matharia resta réticente, mais ne chercha pas à empêcher la poursuite du plan. Le lendemain, Indilk enfila un pantalon et une chemise. Il oublia volontairement sa veste et de mettre du vernis. Avant de partir, il récupéra un bonnet auquel il avait ajouté un masque, objet préparé pendant les vacances en prévision de ce plan. Indilk retrouva Matharia et le couple se dirigea vers les bois aux abords des bâtiments de direction. L’héritier d’or saisit les mains de l’héritière d’argent :
-Prête ?
Elle hocha la tête.
-Laisse moi le temps d’aller près du bureau et on se lance.
-Tu crois qu’ils sont là ?
Indilk ne la quitta pas des yeux, saisissant son inquiétude :
-S’ils ne sont pas dans le coin, ils ne tarderont pas à rappliquer.
-Et s’ils nous plantent ?
-Tu as vu leur tête à l’idée de gagner de l’argent ? Ils viendront, c’est sûr.
Indilk la laissa à contrecœur pour aller se dissimuler de façon à avoir vu sur la porte du directeur et le surveillant qui la gardait. Lorsque l’explosion retentit, le directeur sortit de son bureau, mais s’arrêta à la porte. Après une brève discussion avec le surveillant, celui-ci courut vers l’origine du bruit. Indilk ne s’inquiéta pas de voir que le directeur ne se décidait pas à bouger, car une seconde explosion retentit. L’homme ferma sa porte à clé avant de courir voir ce qu’il se passait. Indilk enfila son masque et se rendit devant la porte. Il n’avait pas pris sa trousse qui aurait pu facilité son identification, mais avait veillé à prendre l’un de ses vernis. S’appuyant à la porte, Indilk sortit discrètement le vernis de sa poche, le déboucha et glissa une goutte à l’intérieur de la serrure. Il attendit quelques secondes avant d’entendre un déclic. Rangeant son vernis, il ouvrit la porte et se glissa dans le bureau.
Durant les congés, ils avaient passé beaucoup de temps et d’argent à chercher les plans détaillés de l’école. Indilk avait appris par cœur les détails du bureau du directeur et ses annexes, aussi il se dirigea directement derrière le large fauteuil pour tirer une étagère. Cela dégagea l’ouverture des archives. Après avoir vérifier qu’il avait bien fermé la porte du bureau, il mit un pied dans la petite pièce. La lumière s’alluma automatiquement.
Des dossiers tapissaient les murs, mais ce qui prit Indilk de court, ce fut l’escalier en colimaçon au centre de la pièce qui descendait. De là où il était, l’adolescent pouvait voir que tout au long de la descente les murs étaient encore plein de dossiers. Je me doutais bien qu’il n’y en aurait pas dix, mais là… Respirant un bon coup, Indilk se mit à lire les titres des dossiers le plus rapidement possible en espérant ne rien loupé. La pièce du bureau ne traitaient que du personnel, des finances et non des élèves. Va falloir que je descende. L’héritier d’or hésita un temps. Bon, je vais pas faire demi-tour maintenant, sans rien. Indilk ferma l’étagère après avoir vérifier qu’il pourrait l’ouvrir de l’intérieur, puis commença à descendre. Marche à marche, il devait s’arrêter pour faire le tour des dossiers. Au bout d’un certain temps, l’adolescent réalisa que cela durait. Je devrais probablement remonter… il remonta une marche avant de se dire que le dossier suivant serait peut-être le bon et recommença à descendre.
Indilk était plongé dans sa lecture quand il entendit la porte donnant sur le bureau s’ouvrir.
-… sûr ?
-Il ferme toujours à clé.
Indilk se figea, retenant son souffle ;
-Mais est-ce que tu penses qu’ils auraient trouvé ça ?
-Il faut tout vérifier, c’est les règles.
-Mais rien n’a l’air d’avoir été dérangé.
Rien du tout, alors casse-toi, casse-toi. Indilk osa bouger suffisamment pour lever les yeux. Il fut soulager de voir que la courbe de l’escalier le dissimuler au regard de quiconque déciderait de descendre. Allez, casse-toi. Il crut bien les entendre dans le bureau, comme s’ils s’éloignaient, mais la voix redevint clair soudain :
-Je crois que ce serait plus intéressant de retourner avec les autres. Qu’est-ce qu’il croit qu’on peut prendre chez lui.
-La porte devrait être fermée à clé. Clairement, quelqu’un est entré.
Le cœur d’Indilk se mit à raisonner dans ses tempes lorsqu’il entendit les pas dans l’escalier. OK, reste calme. Descend calmement. T’as de l’avance. Il ne va pas te rattraper de sitôt. Retenant son souffle, étouffant de chaleur sous son masque, il avança le pied avec précaution. L’adolescent descendit d’une marche.
-Ouais, mais de là à dire qu’ils ont trouvé cette pièce.
Une nouvelle marche.
-On est là autant vérifier, ça ne va pas te prendre trois heures non plus.
Une nouvelle marche.
-C’est pas toi qui doit remonter après.
Une nouvelle marche.
-Tu veux qu’on échange ? Tu vérifies ses appartements et je vais en bas ?
Une nouvelle marche. C’est la dernière.
-Je préfère, oui.
Indilk vit une ouverture à deux pas de lui qui semblait mener à une salle plus grande. Y a moyen que je me planque pendant que l’autre descend.Il mit un pied au sol… et les lumières s’allumèrent automatiquement. Putain de fils de pute de ta mère.
-Y a quelqu’un !
-Quoi ?!
-Ça c’est allumé en bas !
-Merde !
Les deux surveillants dévalaient maintenant les marches alors qu’Indilk s’engouffrait dans la pièce. Il trouva encore plus d’étagères pleines d’archives et zigzagua entre dans le but de les perdre. Lorsqu’ils les entendit entrer, il cessa de bouger et s’efforça de respirer doucement. Ils les entendit fouiller un temps, s’arrêter et discuter. Cet endroit est immense, ils doivent se demander comment chercher de façon efficace. Indilk en profita pour chercher du regard, un coin plus dissimulé que de rester entre deux bibliothèques.
-Si la ou les personnes présentes sortent maintenant, les conséquences pourront être allégées.
Bah oui tiens.
-Sinon, on se contentera de vous laisser là, pendant qu’on demandera à récupérer des fiches d’appels pour connaître les absents.
Indilk fit aussitôt demi-tour, saisit le vernis dans sa poche, le déboucha et récapitula comment il allait envoyer la petite bouteille au visage de l’un pendant qu’il attaquerait l’autre. L’adolescent avait presque retrouvé les deux adultes quand une pensée l’arrêta. Il se souvint de la promesse faite à Matharia qu’il ne serait plus aussi impulsif. Oui, mais là, je fais quoi ?! Un contre deux surveillants, en y réfléchissant, ce n’était pas vraiment raisonnable. Réfléchis, que ferais Matharia ?… elle attendrait que je gère la situation de l’extérieur. C’est vrai qu’elle doit se douter que je vais être coincé ici, elle a déjà dû se rendre compte que le directeur a envoyé des surveillants vérifier son bureau. Elle trouvera un moyen de me sortir de là. Je n’ai qu’à attendre… du coup, j’aurais le temps de chercher. C’est pour ça que je suis là à la base. Je pourrais aussi utiliser mon vernis pour dissoudre les serrures…. Mais faudra que je lui dise que son plan c’était bien de la merde.
Indilk tourna les talons pour repartir.
-On est sérieux. On repart et on va avertir le directeur qu’il a des indésirables.
Faites donc ça. Indilk observa les étagères, cherchant la façon dont les dossiers étaient classés. Il s’arrêta de nouveau en réalisant qu’il n’entendait plus rien. Ils sont partis ?… et si c’était un piège ? Ils font croire qu’ils vont partir alors qu’ils me cherchent. Indilk tendit l’oreille. Non, ils sont vraiment partis… ou l’un est parti et pas l’autre ?… tant pis, fouille. Tu verras bien. Le tout, c’est pas de se faire attraper…. Facile. S’éloignant instinctivement de l’entrée, il garda les yeux sur les étagères à la recherche de ce qui l’intéressait. Repérant des étiquettes indiquant les années, l’adolescent finit par repérer la section qui l’intéressait. Bien sûr, ça ne va pas être à portée de main. Indilk partit rechercher un moyen d’explorer les hauteurs et trouva une échelle. Il grimpa et sentit la panique le ressaisir en entendant une explosion à la surface. C’est Matharia, c’est sûr. Faut que je me grouille. Où sont les premières années ? Premier, premier, premier… troisième, OK. Secondes, OK. Où sont les putains de… ah là. Il feuilleta chercha la bonne classe, entendit des éclats de voix si clairement qu’il devina qu’on avait rouvert la porte des archives. Indilk retint un cri quand il trouva le dossier qu’il cherchait. L’adolescent le glissa sous sa chemise, descendit de l’échelle qu’il alla remettre à sa place, puis repassa devant l’étagère pour vérifier que l’on ne pouvait voir qu’un dossier manqué. En même temps, dans tout ce bordel…
Le garçon guetta au bas des escaliers un signe d’une présence quelconque, mais les voix s’étaient à nouveau éloignées. Je tente une montée alors. Indilk monta marche après marche avec précaution. Lorsqu’il colla son oreille à la porte, il discerna les voix à l’extérieur. Mais je sors ou pas ? S’ils rentrent ? Une explosion le fit sursauter. OK, OK, ça va, je sors.
Indilk actionna le loquet pour passer la tête dans le bureau. A présent, il pouvait clairement entendre la voix du Troisième :
-Vous voyez ?
La voix obséquieuse du directeur lui répondit :
-Je vois, je vois. Si vous pouviez arrêter de faire tout exploser.
-Non, mais venez voir la différence…
Les voix s’éloignèrent et Indilk entraperçut Matharia passer devant la fenêtre. En croisant son regard, il sut qu’il devait sortir. Ce qu’il fit. L’héritier d’or courut, s’éloignant le plus qu’il pouvait du bureau et des bâtiments avant de retirer son masque qui l’étouffait.
-Eh bah, quel sportif.
Indilk leva les yeux sur le duo de premiers années. Ils le suivaient probablement depuis sa sortie du bureau car ils semblaient aussi essoufflés que lui. L’adolescent s’agaça à leur vue :
-Vous avez foutu quoi putain ?!
-Ce que t’as dit. On a couru en entendant l’explosion. Le directeur est pas venu de suite, mais une fois qu’il était sur place on l’a pas lâché.
L’héritier d’argent murmura à son oreille :
-Oui, du coup, il a envoyé des surveillants à son bureau au cas où. Ta copine a eu du mal à s’isoler pour la deuxième explosion. Ça a prit du temps. Mais nous, on a pas lâché le directeur du coup, pour l’argent…
-Et le Troisième ?
-Le troiquoi ?
-Le Troisième, Onfionne. Je l’ai entendu parler au directeur.
-Oh, lui. Il a débarqué avec les autres. Il y avait du monde…
L’héritier d’argent murmura à nouveau.
-Il dit qu’il l’a vu parler avec ta copine. Quand les surveillants sont revenus, ils sont discutés avec le directeur et c’est là qu’on l’a perdu. Il a voulu retourner à son bureau. Ta copine et l’autre les ont rejoint. On a suivi de loin et on t’a suivi en te voyant sortir.
Il tendit la main, mais Indilk répliqua :
-J’ai pas l’argent sur moi. C’est dans ma chambre.
-On y va ?
Indilk devina qu’il ne s’agissait pas tellement d’une question. Faut que je me change de toute façon. Sur la route pour sa chambre, Indilk put remarquer que les environs étaient étonnement vides à part quelques héritiers qui n’avaient pas été assez curieux pour savoir d’où venait les explosions. Devant sa porte, il ordonna aux deux adolescents de rester dehors pendant qu’il se changeait et allait prendre l’argent. De nouveau en jupe, Indilk se sentit plus à l’aise. Il ressortit, donna l’argent aux premiers années et repartit vers les bâtiments du directeur, avant de s’arrêter. Ça va être bizarre si je me pointe maintenant… je peux me fondre dans la foule… Indilk savait que ce ne serait pas raisonnable et se résolu à attendre le retour de Matharia. Malgré le froid, il s’installa sur un banc de façon à pouvoir surveiller le retour de son héritière d’argent. Il lui sauta dessus dès qu’il l’a vit revenir. Alors qu’ils s’enlaçaient, Onfionne rappela sa présence :
-Vous foutiez quoi exactement ?
Indilk fronça les sourcils :
-Tu sais quoi exactement ?
-Ce qu’elle m’as dit exactement.
-C’est à dire quoi exactement ?
Matharia se dégagea de son étreinte en levant les yeux au ciel :
-Est-ce qu’on peut passer à la suite en évitant de rester dans le froid ?
Indilk lui prit la main pour retourner vers sa chambre. Matharia profita du trajet pour résumer :
-Onfionne a deviné ce qu’il se passait. Il a fait croire qu’il faisait des expériences d’un nouvel explosif qu’il avait créé.
-OK, mais comment il a su qui tu étais ?
Onfionne prit la peine de répondre :
-Tu viens squatter ma chambre en pleine nuit et tu crois que je ne vais pas faire de recherche ?
Indilk insista :
-Ce que je voudrais savoir, c’est si c’est le Second qui t’as filé les infos.
-Qu’est-ce que ça change ?
-Je n’aime pas trop le Second.
-Qu’est-ce que c’est censé me foutre ?
Matharia ouvrit la porte de la chambre et s’effaça pour les laisser entrer :
-Après vous messieurs, en toute politesse.
Les deux garçons marmonnèrent des excuses en passant. Indilk se félicita d’avoir rangé le dossier dès qu’il était venu se changer car il nota qu’Onfionne fouillait la pièce du regard. Matharia s’assit sur le lit et invita le Troisième à s’installer sur le siège du bureau :
-Bon, on reprend calmement.
A peine assis, Onfionne demanda :
-Vous êtes dans la même classe ?
-Le Second ne te l’a pas dit ça ?
Matharia lui jeta un regard réprobateur qui recadra Indilk. Bon, d’accord, si elle veut qu’on lui parle, on va lui parler. L’héritier d’or se résigna à répondre :
-Non, on n’ a pas pu, à cause de deux sales petites...