Histoire d'amour, Boy's love, humour, drame, adolescent, aventure, fantastique, vidéo, conte, critique de livre, auteur, BTS Universe, conteur, astiacle, BTS, histoire des BTS en vidéo, Jin, V, Suga, RM, Jimin, J-Hope, Jungkook, Bighit,
Ils étaient montés encore et encore. Enfin, Léonie montait alors que le petit porteur somnolait sur son épaule. Elle finit par arriver sur une plate-forme toute blanche. Un regard vers le bas lui montra qu’elle était montée vraiment très haut. Les maisons n’étaient que des petits points noirs loin en bas et les voitures n’étaient que des pointillés lumineux qui se déplaçaient. Comme le bonhomme ne semblait pas se réveiller et qu’elle ignorait où aller, ne voyant ni escalier ni chemin, elle tourna la tête pour crier aussi fort qu’elle pouvait :
-Debout !
Le garçon se réveilla en sursaut, roula et se rattrapa de justesse à la manche du pyjama de la fillette. Il grimpa pour revenir s’assoir sur son épaule.
-Tu sais, on ne s’est toujours pas présenté. Je m’appelle Dililou.
Léonie fronça les sourcils alors qu’un petit sourire se dessinait sur ses lèvres.
-Dililou ?
Le petit bonhomme vit bien son sourire et se mit debout sur son épaule ses poings minuscules sur les hanches :
-Ne te moque pas, je suis bien plus vieux que toi, tu sais.
Léonie ouvrit de grands yeux :
-Plus vieux ?
Avec une pointe de fierté, Dililou se redressa, bombant le torse :
-J’ai soixante ans.
Elle resta bouche-bée quelques secondes avant de refermer la bouche :
-Mais en années humaines, ça fait combien ?
Le garçon sembla un peu embarrassé, mais demanda :
-Comment cela ?
Le sourire de Léonie s’élargit :
-Tu n’as pas l’air d’être si vieux. Je suis sûr que vous ne comptez pas pareil comme les chiens et les chats.
Le petit bonhomme rougit si fort qu’il ressembla à une écrevisse. Il finit par se balancer d’un pied sur l’autre en baissant les yeux :
-ça fait six ans pour les humains.
Léonie éclata de rire en reprenant sa marche. Dililou fit la moue avant de lancer :
-Et toi ?
-Je m’appelle Léonie.
Elle fit un tour sur elle-même :
-On va où maintenant ?
Dililou ouvrit le poing. A l’intérieur, le petit morceau de couronne luisait. Il finit par pointer une direction du doigt :
-Par là.
La fillette eut l’air perplexe :
-Il n’y a rien par là.
Le petit porteur leva les yeux au ciel :
-Il faut que tu t’avances enfin.
Léonie obéit et, une fois au bord de la plate-forme, vit un escalier qui descendait en effectuant divers virages. Elle s’accroupit en fronçant les sourcils :
-On ne risque pas de tomber là ?
Dililou secoua la tête :
-Non, ne t’inquiète pas. Tant que je suis là, tout ira bien.
La fillette ne put s’empêcher de lâcher un petit rire avant de commencer la descente. Le bonhomme lui jeta un regard suspicieux :
-Pourquoi tu ris ?
-Pour rien.
Il plissa les yeux en s’asseyant sur son épaule :
-Mouais.
Léonie l’ignora, concentrée sur chacunes des marches. Elle avait moins d’assurance que pour la montée et lorsqu’elle commença à basculer dans le vide, elle retint un cri. C’est à cet instant qu’elle se rendit compte que des murs invisibles longeaient l’escalier, l’empêchant de chuter. La fillette soupira de soulagement et reprit sa descente avec plus d’aisance.
Peu à peu, les maisons reprenaient de la grosseur, les montagnes se rapprochaient progressivement. C’est sur une de ces montagnes que l’escalier la mena. Quand elle sauta la dernière marche, elle se trouva face à deux immenses colonnes rouges. Au-dessus,une pancarte comportait des signes qu’elle ne comprenait pas.
-On est où là ?
Dililou affirma sans hésiter :
-Au Japon.
Léonie papillonna des yeux :
-Et c’est où, le Japon ?
Le petit porteur réfléchit quelques instants avant de dire :
-Si on suppose que tu as la France en face de toi et bin, c’est tout à droite de la carte.
La fillette n’était pas convaincue, mais elle accepta l’explication telle quelle.
-On va par où ?
Dililou sortit le morceau de couronne :
-Par là.
Léonie observa l’obscurité par-delà la porte rouge et frissonna. Elle n’avait pas froid, bien qu’elle soit pieds nus et en pyjama, mais la nuit dans ce lieu inconnu, l’angoissait. Elle avança pourtant, car elle ne voulait surtout pas que Dililou s’imagine qu’elle avait peur.
Des marches de pierre remontaient dans la montagne. Des centaines de portes rouges les surplombaient. Contrairement à l’escalier qu’elle avait monté vers le ciel, celui-ci était tout à fait normal. Si bien que Léonie finit par fatiguer et s’arrêta au premier palier. Ici, des petits temples dégorgeaient d’offrandes, de statuette et de bougies éteintes à présent. La fillette posa les mains sur ses genoux pour reprendre son souffle :
-C’est encore loin ?
Dililou ricana :
-Si on s’arrête tout le temps, ça sera sûrement beaucoup plus long.
Elle lui jeta un regard noir avant de le saisir par sa toute petite tunique et de le déposer au sol. Le garçon gigota dans tous les sens :
-Mais qu’est-ce que tu fais ?
Elle eut un air amusé :
-On va voir qui fatigue le plus maintenant.
Le porteur lui jeta un regard furieux, les poings sur les hanches :
-Ce n’est pas gentil du tout ça.
Léonie l’ignora. Dès qu’elle avait lâché le petit bonhomme, le froid de la nuit l’avaient saisie, ses pieds lui firent mal quand elle marcha vers une fontaine pour y boire. Pourtant, elle ne grimaça même pas, toujours pour éviter de contenter Dililou. La fontaine qu’elle venait de repérer crachait son eau par la gueule d’un dragon. Le liquide tombait dans un grand bac de pierre rectangulaire. Des cuillères de bambou étaient posées en travers. Léonie se mit sur la pointe des pieds pour pouvoir y boire, mais alors qu’elle se penchait, le petit porteur lança :
-Non, non pas comme ça.
Le bonhomme marchait à grands pas dans l’espoir de la rejoindre au plus vite. A ces mots, Léonie avait stoppé son geste et s’était retournée :
-Qu’est-ce qu’il y a ?
Dililou finit par courir pour arriver plus vite. Quelques pas pour la fillette, avaient semblé des kilomètres au petit homme.
-Il faut te purifier avant de boire. C’est une règle.
Elle le fixa avec perplexité :
-Me quoi ?
-Te purifier. Ne dites-vous pas « à Rome fait comme les Romains » ?
Elle haussa les épaules :
-Je ne sais pas, j’ai jamais été à Rome.
Dililou soupira :
-Je veux dire qu’il faut que tu fasses ce que je te dis, d’accord ?
Un sourire amusé apparut sur le visage de la fillette :
-Pour boire ?
Le garçon hocha la tête avec vigueur. Léonie pouffa de rire :
-D’accord, dis-moi.
-D’abord, tu prends une de ces longues cuillères avec ta main droite.
Léonie obéit.
-Puis, tu prends de l’eau avec et tu la verses sur ta main gauche.
Obligé d’être sur la pointe des pieds pour passer le bord de la cuve, prendre l’eau fut plus compliqué. Léonie y parvint néanmoins et un frisson la parcouru quand l’eau glacée glissa sur sa main. Dililou sembla satisfait et continua :
-Maintenant que ta main gauche est pure, change la cuillère de main et mouille ta main droite de la même façon.
Léonie s’exécuta.
-A présent, tu peux boire.
La fillette ne se fit pas prier. Le liquide lui rafraîchit la gorge et tomba comme un plomb dans son estomac. Elle grimaça sous l’effet désagréable provoqué par l’eau glacée, mais fut néanmoins désaltérée. Tandis que Dililou profitait de ce qu’elle buvait pour grimper en s’accrochant à son pyjama, Léonie reposa la cuillère en disant :
-ça fait quand même beaucoup de cinéma pour quelques gorgées.
Dililou la réprimanda d’un ton sévère :
-Ne te moque pas des coutumes des autres, si tu ne veux pas que l’on se moque des tiennes.
Léonie sourit en répondant d’un ton apaisant :
-D’accord, d’accord. On va où maintenant ?
Il pointa une allée sur la gauche et la fillette grimaça en voyant encore des marches. Elle soupira et se remit en route.
Cela ne faisait que quelques minutes qu’elle gravissait ce nouvelle escalier quand Dililou lui tira une boucle de cheveux.
-Aïeuh, qu’est-ce qu’il y a ?
-Regarde !
Elle observa la direction qu’il pointait du doigt. A travers la pénombre des bois qui entourait les marches et leur portes rouges, des flocons tombaient. Léonie ne cacha pas son étonnement :
-Il neige ?
Dililou se recroquevilla :
-Oui, ce n’est pas bon, pas bon du tout.
Léonie fronça les sourcils :
-Tu n’en fais pas un peu trop ? c’est sûr qu’il neige en été c’est bizarre mais quand même.
Le petit porteur posa un doigt sur ses lèvres pour la faire taire. Il la dévisageait avec un air terrifié et murmura :
-Non, tu ne comprends pas. C’est la Yuki-Onna.
Léonie jeta des regards alentours sans ne rien voir d’autre que la neige qui tombait :
-La quoi ?
-La Yuki-Onna, la femme des neiges.
La fillette plissa les yeux pour tenter de distinguer une silhouette quelconque, sans succès.
-Tu es sûr de toi ?
Dililou acquiesça et proposa en murmurant toujours :
-Il vaut mieux faire demi-tour ou elle nous emportera et nous mourront gelés.
Léonie grimaça. La perspective ne l’enchantait guère, alors elle s’empressa de tourner les talons. Quand ils arrivèrent à la fontaine où elle avait bu quelques instants plus tôt, Dililou cria :
-Arrête-toi !
Léonie obéit aussitôt, cherchant ce qui inquiétait temps le garçon. Face à eux, la neige tombait dru recouvrant déjà les petits temples, les portes, les marches. Cette fois, Léonie la vit. Une grande silhouette fine qui s’avançait dans la tempête. Plus elle approchait, plus la fillette pouvait la distinguer. C’était une femme aux longs cheveux noirs, des yeux bridés, une peau d’une pâleur de fantôme. Elle allait pieds-nus, vêtue d’un kimono blanc léger. Elle marchait sans un bruit, ses pupilles noires glacées fichées sur les enfants.
Léonie rentra sa tête dans les épaules en souhaitant devenir invisible. La peur la figeait sur place et elle regarda la femme approcher sans pouvoir bouger un muscle.
-Regarde !
La voix de Dililou dans son oreille la fit sursauter. Sans quitter la Yuki-Onna des yeux, elle répliqua les dents serrées :
-Pas la peine de crier, je t’entends.
Le garçon reprit plus bas :
-Regarde, dans la ceinture de son kimono.
Léonie baissa les yeux sur la large ceinture qui lui enserrait la taille. Malgré l’épaisseur apparente du tissu, elle distingua une lueur bleutée. La fillette fronça les sourcils en espérant mieux voir :
-C’est…
Le garçon acheva pour elle :
-Un morceau de la couronne. C’est pour cela qu’elle est là, elle veut nous voler notre morceau.
Léonie réfléchit quelques instants :
-Pourquoi elle voudrait la couronne ? elle a une trop grosse tête, ça ne lui ira jamais.
Le petit porteur retint un rire en imaginant la Yuki-Onna avec une couronne minuscule :
-Non, posséder la couronne accorde de grands pouvoirs.
Un craquement ramena l’attention de la jeune fille sur la femme. Celle-ci levait son bras d’un geste lent, le geste était accompagné du son de la glace qui se brise.
-Alors, comment on fait pour le récupérer ?
Dililou semblait paniqué :
-Heu… Peut-être si on lui demande gentiment.
Léonie lui jeta un regard désespéré avant de tenter de s’adresser à la femme :
-Bonjour, je m’appelle Léonie. Est-ce que je peux récupérer le morceau de couronne ?... S’il vous plaît ?
Le garçon leva les yeux au ciel :
-Mais non, enfin, il faut lui parler en japonais.
Cette fois, Léonie lui cria dessus :
-En japonais ?! et je suis sensée faire ça comment, hein ?!
Dililou lui tapota la joue pour l’apaiser :
-Je vais le faire.
Se raclant la gorge, il parla le plus fort qu’il put :
-Konnichiwa, watashi no namae wa Léonie, heu… Dililou des. Okan no shôhen ga kaeshite koudasai.
La femme pencha la tête sur le côté, continuant sa lente progression. La tempête de neige qui l’entourait sembla se renforcer et Léonie recula d’un pas pour éviter d’être prise dedans :
-Qu’est-ce que tu as dit ?
-Exactement ce que tu as dit.
-Ah ? elle n’a pas l’air convaincu.
-Non.
Léonie recula encore :
-On fait quoi alors ?
Dililou regarda autour de lui, puis sourit :
-La Yuki-Onna est une sorte d’esprit, donc, elle est impure.
Léonie s’impatienta :
-Et ?
-Et toi, tu t’es purifié grâce…
La fillette sourit en tournant la tête vers la fontaine :
-A l’eau.
Elle saisit aussitôt une des cuillères, la plongea dans le liquide gelé et l’envoya sur la femme qui s’approchait encore. La Yuki-Onna ne poussa pas un cri, si bien que Léonie se demanda si cela avait marché. A cet instant, des flammes blanches s’élevèrent là où l’eau l’avait touchée. La femme releva la tête comme si elle retenait sa respiration et s’immobilisa. La fillette s’empressa d’envoyer encore deux autres cuillères avant d’oser approcher. La tempête s’apaisa alors que la Yuki-Onna cessait de bouger complètement. Léonie avança avec précaution, sans quitter du regard le visage de la femme. Sur son épaule, Dililou la pressait :
-Allez, dépêche-toi.
En murmurant, Léonie lui lança :
-Je fais ce que je peux.
Tendant le bras au maximum pour éviter de s’approcher trop près de la femme, Léonie passa la main sur la ceinture et finit par sentir le léger renflement dû au morceau.
-Il est juste là, mais c’est trop serré.
-Je m’en occupe.
Utilisant le bras de la fillette comme une passerelle, Dililou sorti une dague minuscule de sa botte et trancha le tissu pour découvrir l’objet convoité. Son visage s’illumina en prenant possession du bout de couronne et revint sur l’épaule de sa compagne.
-Allez, on s’en va.
Léonie se mit à courir en dévalant les marches. Derrière elle, la tempête reprit de son intensité alors que la Yuki-Onna se libérait de l’emprise des flammes. Avec soulagement, la fillette passa la dernière porte rouge et s’élança vers les marches argentées qui menaient au ciel. La tempête explosa alors, recouvrant la montagne de neige en quelque secondes.
-Ne t’inquiètes pas. Nous sommes en sécurité sur cet escalier.
Léonie ralentit son rythme avant de finalement s’asseoir sur une des marches pour reprendre son souffle. Tout en bas, elle aperçut la silhouette de la Yuki-Onna qui se tenait droite et silencieuse dans la tempête.
-Elle n’a pas froid ?
Dililou haussa les épaules :
-Je ne pense pas.
Il ouvrit alors la main sur le morceau qu’ils venaient de récupérer et le posa à côté de l’autre. Aussitôt, une lumière éblouissante jaillit alors que les bouts se réunissaient pour n’en former plus qu’un. Léonie et le petit porteur eurent un sourire satisfait et échangèrent un regard :
-Au suivant !
Léonie se releva d’un bond et recommença à monter.