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Noré se réveilla à cause du froid. Ouvrant péniblement les yeux, elle vit le ciel et sa noirceur. Comment pouvait-elle voir le ciel, si elle était encore dans l'aéronef ? Cette réflexion la réveilla pour de bon. Elle n'y était plus. La jeune fille se redressa brusquement et regarda autour d'elle, figée sur place. Le vent glacial qui la fouettait sans remord y jouait sans doute un rôle, mais c'était aussi parce qu'elle venait de s'apercevoir qu'on l'avait emmené sur le ballon de l'aéronef. Le ciel l'encerclait, l'air lui manquait. Elle avait l'impression de se mouvoir dans un gouffre. Noré ne pouvait voir le sol d'où elle était. Bien qu'avant le sol, se trouve le vide. Cette simple pensée la rendit malade. Elle n'osait pas se lever de peur de glisser. Il fallait qu'elle trouve le moyen de retourner à l'intérieur.
Ce n'est qu'alors que l'adolescente se rendit compte des éclats de voix qui lui parvenaient. Ils étaient assourdis par le vent et le son des hélices. Néanmoins, elle bougea très lentement et aperçut Bven qui lui tournait le dos. Face à lui, Uten. Bven parlait en faisant de grands gestes, visiblement, il était mécontent. Noré se demanda le sujet de leur dispute et si elle pouvait tenter d'en profiter pour retourner à l'intérieur. En se concentrant, elle saisit des paroles :
-Pourquoi tu fais ça ?! Il la veut vivante !
Uten fixa son frère et dit d'une voix basse et morne :
-Je la veux morte moi.
-Et la récompense ? T'en fais quoi, hein ?! T'es malade, mon pauvre ! Ça suffit ! Tu la ramènes à l'intérieur !
-Non.
-Tu vas m'obéir ! Tout de suite !
La face rougeaude de Uten se crispa d'une telle haine que le sang de Noré se glaça. Bven continua à l'assaillir d'injure. Soudain, Uten sortit son arme et tira dans la jambe de son frère. La jeune fille sursauta tellement le geste la surprit. Il n'allait tout de même pas tuer son frère, c'était impensable. Bven tomba sur le ballon, levant les bras pour tenter vainement de se protéger, en suppliant. Apparemment, le dirigeant était plus lucide quand au sort qui l'attendait. Il ne fallut pas longtemps à l'adolescente pour comprendre qu'une fois le dirigeant mort, se serait son tour. Sur sa droite, il restait quelques mètres avant la chute. Elle se dirigea dans cette direction, ignorant encore comment descendre. Elle resta à quatre pattes, trop effrayée à l'idée de tomber. Cherchant toujours une trappe quelconque qui aurait pu lui permettre de rentrer. Noré hasarda un coup d'œil par-dessus son épaule. Uten regarda son frère pleurer encore un peu avant de lui tirer une balle dans la tête. Puis ses yeux se portèrent sur la jeune fille.
Sans sourire, il s'avança vers elle aussi aisément que s'il était sur terre. Noré reprit sa fuite, le plus rapidement qu'elle put. Elle entendit une balle siffler à son oreille. Les battements de son cœur affolé résonnaient à ses tempes. L'adolescente jeta un nouveau regard en arrière. Uten l'avait quasiment rattrapé. Elle observa les cordages qui retenaient le ballon et décida de tenter le tout pour le tout. Noré était décidée à essayer de se déplacer sur les bords en s'y accrochant. Avec des gestes tremblants, poussée par l'urgence du moment, elle se laissa glisser sur un des côtés. Tandis qu'elle essayait de saisir une des cordes, un nouveau coup de feu se fit entendre. Une brûlure traversa le dos de sa main qui, par réflexe, lâcha prise. Alors, Noré commença à glisser.
Ses mains refusèrent de s'accrocher à quoi que ce soit, glissant sur la toile et les cordes trop serrées. En levant la tête, l'adolescente vit l'homme qui s'éloignait au fur et à mesure qu'elle glissait. Il ne prenait plus la peine d'essayer de lui tirer dessus. Fixe comme une statue, il la regardait tomber. Noré lutta encore, rageusement, mais ses ongles rappèrent la toile sans s'y accrocher. Ses pieds ne trouvèrent aucun appui. Bientôt, elle ne sentit plus rien contre son corps.
Noré était dans le vide. Elle battit des mains pour essayer de se retenir encore. Elle vit une échelle de corde à plusieurs mètres sur sa gauche, sans doute celle qu'Uten avait utilisé pour l'emmener sur le ballon. Puis ce fut la nacelle qui passa devant ses yeux. La jeune fille n'avait plus rien à quoi s'accrocher, elle le comprit soudain. Elle tombait et ne pouvait que voir l'aéronef s'éloigner de plus en plus.
C'était tellement irréaliste que l'adolescente ne songea pas à crier. Elle avait froid, des difficultés à respirer et allait mourir. Ce furent les seules pensées qui la traversèrent. La jeune fille ferma les yeux et se dit que comme elle chutait dos vers la terre, elle ne verrait pas la mort arriver. Une piètre consolation, en vérité. La chute serait-elle longue ? Noré essaya de se vider l'esprit de ce genre de question. Elle rouvrit les yeux et vit l'aéronef, si loin maintenant. Ça ne tarderait plus. Soudain, il se passa un événement si étrange que pendant une seconde, elle en oublia sa mort imminente.
La surprise bloqua un cri dans sa gorge. Une femme chutait parallèlement à elle. Elle portait une robe à jupons délavés. Ses cheveux vert étaient réunis en tresses informes, retenus en arrière par un foulard vert mité. Elle fixait Noré de ses grands yeux violets et lui sourit :
-Oh, c'est toi ma petite fille ? Je suis tellement contente.
La femme saisit Noré dans ses bras et la serra jusqu'à l'étouffer. Celle-ci ne savait que faire, se demandant si la crainte de la mort ne l'avait pas rendu folle. Puis elle sentit qu'elle cessait de tomber. Du moins, elle eut l'impression que sa chute s'était fortement ralentie. Du coin de l'œil, la jeune fille vit le sol défiler, beaucoup plus proche qu'elle ne l'avait imaginé. Elle réalisa que c'était la femme qui volait et qu'elle l'emmenait dans un endroit où Noré n'était pas sûre de vouloir aller. Elle la serrait en chantonnant, souriante. Refusant toujours d'y croire, l'adolescente ne fit, cependant, rien pour se dégager. Qu'elle le croit ou non, cette femme volante lui évitait une mort des plus désagréable. Au moins pour l'instant. Elles durent voler assez longtemps, car Noré eut bientôt envie de dormir. Elle lutta contre le sommeil de peur d'être lâchée en plein ciel. Elle s'aperçut qu'elles volaient à présent, dans une brume étrange et finalement, distingua une étrange falaise. Tordue, en pente, comme un gigantesque plongeoir. La jeune fille ferma les yeux, horrifiée à l'idée d'entendre le rire de la créature de l'île aux brumes. Et si la femme avait prévu de l'y abandonner ? Noré s'agrippa à la robe de toutes ses forces. Bientôt, il lui sembla distinguer une ombre gigantesque dans la brume. Elles s'en approchèrent et elle put voir une falaise. Soudain, la brume se dissipa et avec elle le ciel noir. Noré dû fermer les yeux tant le soleil lui parut aveuglant. Il lui semblait que cela faisait des années qu'elle n'avait pas vu un ciel bleu. Elle eut l'impression de mieux respirer, qu'un poids s'envolait. A cet instant, la falaise fut parfaitement visible. Une maison toute ronde et mal entretenue se tenait au bord du gouffre. C'est devant qu'elles se posèrent. Noré n'eut pas le temps de poser de question, car une femme sortit de la maison. Elle portait une robe d'un vert sale, des cheveux tressés qui lui tombaient dans le dos et des yeux marrons. Elle avança d'un pas furieux vers Noré et l'autre femme :
-Awoni ! Qu'est-ce que t'as fait encore ?
La femme nommée Awoni montra Noré du doigt en souriant :
-Regarde ! J'ai retrouvé ma petite fille.
L'autre femme passa la main sur son visage d'un air désespéré avant de dire :
-Pour la énième fois, ta fille est morte.
Noré fut choqué par l'absence de considération de la déclaration. Awoni sembla réfléchir intensément pendant un instant avant de dire :
-Ah oui.
Puis elle se plia en deux pour être à la hauteur de Noré et fit comme si elle parlait à une fillette de cinq ans. L'adolescente remarqua que ses yeux étaient devenu vert :
-Au revoir, fifille qui n'est plus ma fifille.
Puis elle s'éloigna en sautillant. L'autre femme la regarda partir puis se tourna vers Noré :
-Alors, te voilà enfin.
-Pardon ?
Elle se plaça face à Noré et éloigna les bras de son corps comme pour présenter quelque chose :
-Je me nomme Vino et voici le clan des sorcières.
Noré resta sans bouger, à la fixer :
-Pardon ?
Vino sourit et la prit par les épaules :
-Viens, je vais te faire visiter.
Noré ne bougea pas. Vino l'encouragea d'un signe de la main et elle réussit à mettre ses jambes en marche. Elles descendirent un étrange chemin cerné de bois sombres. De parts et d'autres, des tables et d'étranges machines étaient installées. Des femmes s'activaient dans tous les sens, captivées par leurs expériences.
-Je peux vous poser une question ?
Vino acquiesça.
-D'où viennent les sorcières ? Ce n'est pas une race, n'est-ce-pas ?
-Non. Les sorcières sont des femmes désespérées, qui, ayant tout perdu, se sont réunies. On raconte que ce sont leurs larmes tombées dans l'océan qui donnèrent vie aux sirènes.
-Et toutes ces inventions ? Comment vous viennent-elles à l'esprit ?
-Il fallut nous occuper l'esprit pour oublier nos peines. Les anciennes sorcières léguèrent des techniques, des formules que nous complétons à chaque générations. Avec les années, nous nous sommes perfectionnées en fabrication de potion et d'appareils.
Noré regarda les femmes aux cheveux verts passer d'un établi à l'autre, parlant activement. Elles maniaient des instruments inconnus. Une autre question plus intéressante lui vint à l'esprit :
-Vous pouvez toutes voler ?
-Oui, toutes.
-Comment ? C'est une machine, comme celle des messagers ?
-Non, pas du tout. Après de nombreuses études, nous avons réussi à contrôler le vent.
-Contrôler le vent ?
La sorcière prit un air mystérieux :
-Les yeux violets. C'est la modification qui arrive lorsqu'on le contrôle.
Les bois se refermaient en bas de la pente. Lorsqu'elles eurent fait tout le chemin descendant, elles firent demi-tour pour retourner à la maison du sommet. Tandis qu'elle regardait autour d'elle, toujours impressionnée, Noré remarqua une mare noire et sale, légèrement en retrait du chemin. Elle eut envie de s'approcher sans savoir pourquoi, mais Vino lui saisit le menton et la força à la regarder :
-Ne t'en approches pas.
La voix était ferme et Noré ne put qu'acquiescer. Tout en continuant leur route, la jeune fille demanda :
Pourquoi vous me parlez de tout ça ?
-Ce n'est pas souvent que des gens aussi exceptionnels que toi viennent ici.
-Il ne faut pas exagérer.
-Je n'exagère pas, tu es importante.
Noré la fixa :
-C'est le bracelet, c'est ça ?
Vino lui sourit. Elle poursuivit :
-Vous savez à quoi il sert ?
La sorcière répondit :
-Nous savons beaucoup de chose mais si tu ignores encore à quoi sert ce bracelet, c'est que tu n'est pas censée le savoir pour l'instant.
Noré haussa les sourcils :
-Vous plaisantez.
Vino ne répondit pas. La jeune fille changea de sujet :
-J'aimerais savoir s'il vous serait possible de secourir mes amis...
-Je vais envoyer des femmes à leur recherche, si tu le souhaites.
-S'il vous plaît, ils sont...
-Nous savons où ils sont.
-Comment ?
Nouveau silence et Noré se crispa. La sorcière devait détenir toutes les réponses qu'elle cherchait depuis longtemps. La jeune fille ignorait encore comment, mais il faudrait qu'elle essaie de la faire parler. Elle se tut et se contenta de marcher en fixant le sol rêveusement. Puis elle sentit la main de Vino sur son épaule. L'adolescente la regarda :
-Attend ici, je reviens.
Noré hocha la tête et la sorcière retourna en arrière vers un groupe de femme qui se penchait sur une potion. La jeune fille soupira en songeant à toutes ces choses qu'on lui cachait. Elle vit le groupe se diriger vers la falaise. Elles restèrent un instant immobiles, puis s'élancèrent. L'adolescente les regarda s'envoler et c'est alors qu'elle aperçut Awoni accroupit derrière le mur. Elle lui faisait signe d'approcher. Noré la rejoignit et s'assit de la même façon face à la sorcière :
-Qu'est ce qu'il y a ?
Awoni sourit :
-Je viens te mettre en garde. De mauvaises choses arrivent sur ta tête. Attention.
Noré saisit sa chance d'en apprendre d'avantage :
-Comment le savez-vous ?
-Les sorcières savent tout sur le contrôle du vent et les secrets du temps.
-Les secrets du temps ? Que veux-tu dire ? Vous voyez l'avenir ?
-Et nous connaissons le passé.
Noré eut un sourire sceptique :
-Prouvez-le.
Awoni cessa de sourire et dit tout net :
-Fabian est mort.
Noré la fixa sans rien dire, ses pensées se bloquèrent une seconde, puis :
-Quoi ?
-Une épidémie dans son île. Beaucoup de mort emportés dans les vents. J'ai vu le garçon Fabian avec les autres.
La jeune fille revit le garçon lui faire un signe de la main, souriant, sur le navire de Nanz. Tout son être rejeta l'idée de cette mort.
-N'importe quoi.
-Non, c'est vrai.
Noré se releva d'un bond en entendant la voix de Vino derrière elle. La sorcière regarda Awoni :
-Va-t-en la folle, tu as fait assez de dégât comme ça.
L'autre femme obéit en souriant. Vino reporta son attention sur Noré. Celle-ci avait le cœur serré et la gorge nouée. Elle lança d'un ton sec :
-Comment pouvez-vous savoir que Fabian est mort ?
-Sais-tu ce qu'est le vent ?
La jeune fille fit non de la tête, refusant de théoriser pendant des heures.
-Lorsqu'un être meurt, son âme s'envole et voyage à travers toutes les îles de ce monde, à la recherche de quelqu'un qui l'entende. Si l'âme trouve ce genre de personne, elle lui transmet son dernier message, sa dernière pensée, certaines racontent des anecdotes. Puis elle disparaît, son errance n'ayant plus de but.
-Vous voulez dire...
-Nous avons écouté Fabian. Il a parlé de toi, de la fin de sa vie.
Noré tenta d'étouffer son chagrin, mais ne put s'empêcher de pleurer. Elle essuya vite ses larmes, tandis que Vino attendait patiemment. Lorsqu'elle se ressaisit, elle réussit à articuler :
-Alors quand vous dites que vous contrôlez le vent...
-Nous parlons aux âmes. C'est une des nôtres, il y a longtemps, qui a découvert ces âmes. Grâce à une machine de son invention, censé contenir le vent, elle les a entendu murmurer. C'est elle, aussi, qui leur a donner le nom de « Vie des Esprits Non Tranquillisés », raccourcit en « Vent. »
L'adolescente resta un moment à fixer le vide, n'écoutant la sorcière que d'une oreille distraite. Elle s'aperçut que Vino avait cessé de parler. En la regardant, elle vit que la sorcière s'intéressait aux bois qui se trouvaient en bas.
-Ils arrivent.
Noré s'approcha:
-Qui donc ?
-Mets-toi à l'abri.
-Pour...
Une détonation résonna dans l'air. Les sorcières jaillirent de toute part, abandonnant leur travaux pour dévaler la pente. Vino les rejoignit et Noré suivit, refusant d'obéir. Quoiqu'il se passe cela pourrait lui apporter des réponses. Mais alors qu'elle était à mi-pente, le ciel sembla prendre feu. Elle plissa les yeux, en même temps, une chaleur suffocante se propagea. Loin devant elle, Noré entendit Vino lui crier :
-Va te cacher ! Tout de suite !
Elle s'exécuta sans poser de question. La jeune fille se jeta dans les bois, se détournant de la lueur, et remonta à couvert, espérant arriver à temps à la maison du sommet. C'est alors qu'elle aperçut la mare. Noré s'engageait dans un détour lorsqu'un son lui perça les tympans, comme le cri d'un oiseau géant. Elle plaqua la paume de ses mains sur ses oreilles sans grand succès. Commençant à avoir mal à la tête, sa vue se brouillant, Noré se mit à tituber. Puis, elle sentit le sol se dérober sous ses pieds. C'est seulement à cet instant qu'elle s'aperçut qu'elle s'était rapprochée du bord de l'eau, sans s'en apercevoir. Noré voulut s'en écarter, mais on la poussa. Tandis qu'elle tombait dedans, l'adolesccente eut un aperçu d'Awoni qui souriait :
-Vas-y, fifille !
La jeune fille avait le sentiment de tomber au ralenti dans un trou. Il n'y avait ni eau, ni vase, ni vent. Juste elle et le vide. Quand Noré sentit le sol sous son dos, elle resta un temps sans bouger. Au-dessus d'elle, il y avait comme une couche de cascade d'eau invisible. Elle se redressa avec précaution. Lorsque sa tête passa l'étrange couche, Noré vit qu'elle était dans une mare, mais elle ne reconnut pas les bois alentour. Curieuse de savoir où elle avait atterrit, l'adolescente s'avança. Au fur et à mesure qu'elle sortait de l'eau, ses vêtements semblaient sécher et propres. Elle fit quelque pas avant d'atteindre une clairière étrange. En forme de cercle, l'herbe y était verte et des fleurs poussaient ici et là. Un rocher couvert de mousse jaillissait du sol. Deux pierres tombales trônaient en son centre. Elle s'en approcha, se pencha sur la première. Deux noms y étaient inscrits et la jeune fille lut en murmurant :
-Teruret et Meratir.
Noré chercha du regard s'il y avait d'autres informations, mais il n'y avait que ces noms. Elle pensa qu'ils devaient être parents pour être enterrés dans la même tombe. Des frères ou un père et son fils. L'adolescente se demanda qui les avait mis là. Il devait y avoir des habitations pas loin où elle pourrait se renseigner sur l'endroit où elle se trouvait. Noré se redressa et s'intéressa à la seconde tombe. Tandis qu'elle se penchait pour lire l'inscription, des voix d'enfants lui parvinrent. Renonçant à son inspection, elle choisit de suivre les voix pour espérer sortir des bois.
L'adolescente se retrouva sur une étendue de verdure en bord de falaise. Une barrière de bois longeait celle-ci et une petite maison se trouvait un peu en avant. Les deux enfants qui jouaient coururent vers elle dès qu'ils la virent. Plus ils avançaient, plus Noré comprenait où elle se trouvait. La ressemblance des deux enfants ne laissaient aucun doute. C'était des faux jumeaux. Les cheveux noirs, la peau mate comme leur mère. Mais ils avaient les yeux vert dorés, comme les siens, comme ceux de Titian.