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Chapitre 21

Lorsque le Vemepyre s'adressa à eux, ce fut d'une voix beaucoup moins assurée :

-Le roi ne verra personne.

-Où est-il ?

-Comment cela ?

-Où est votre roi en ce moment ?

-Dans son palais.

-Bien sûr.

Prenant la relève de l'Aurien, Noré insista :

-Si vous tenez à l'aider, dites-nous où il se trouve.

-Je vous l'ai dit, il est dans le palais.

Xilanos soupira d'exaspération :

-On sait qu'il n'y ait pas, alors arrêter de nous faire perdre notre temps.

-Comment... ?

Le Vemepyre se tut, mais ce fut trop tard, plus aucun doute n'était possible. Il y eut un silence au cour duquel il sembla réfléchir avant de repartir dans le tunnel. L'adolescent donna un coup de pied rageur dans l'herbe :

-C'est pas vrai ! Combien de temps cette histoire va encore durer ?

En vérité, ils n'attendirent pas longtemps, l'homme revint presque aussitôt :

-Le conseiller est d'accord pour que nous vous disions où se trouve le roi.

Xilanos serra les dents pour ne pas hurler :

-Alors, faite-le.

-Il se trouve dans les marais.

Les deux amis échangèrent un regard :

-Cela te dis quelque chose ?

-Non.

Elle se tourna vers les sorcières :

-Où est-ce ?

L'une d'elle répondit :

-Encore plus au Sud. C'est une île immense recouverte de marécage et inhabitable.

Xilanos s'adressa au Vemepyre :

-Qu'est-il allait faire là-bas ?

-Je ne sais pas si j'ai le droit de répondre à cette question.

-Vous pouvez nous dire où il est, mais pas ce qu'il est en train d'y faire, c'est ridicule.

Noré lui vint en aide :

-Ce serait plus simple de le retrouver si nous savions pourquoi il y est allé.

A nouveau, le Vemepyre hésita, mais une voix derrière lui se fit entendre :

-Dis-leur.

Alors, il s'exécuta :

-Le roi Algol avait envoyé quelques hommes là-bas. Seulement nous n'avons plus eu de nouvelle, puis le roi a reçu un message des chevaliers. Nous ignorons ce qu'il disait exactement, mais aussitôt, le roi nous informa de son départ. Malgré nos recommandations, il choisit de partir seul. Tout ce qu'il nous a dit fut qu'il se rendait dans les marais et que nous devions faire en sorte que son absence passe inaperçu.

Noré se tourna vers les sorcières :

-Pouvez-vous nous emmener ?

Les deux jeunes femmes se regardèrent et parurent hésitantes. Finalement, l'une d'elle pris la parole :

-Soit, mais il est hors de question que l'on y reste plus que nécessaire.

Xilanos haussa un sourcil :

-Je ne vois pas pourquoi ce serait le cas.

Les sorcières s'accroupirent pour permettre à Xilanos et Noré de s'accrocher à leur cou. Le Vemepyre les retint encore :

-Lorsque vous l'aurez trouver, vous nous le ferais savoir.

Noré le lui promit et elle entendit l'Aurien marmonner :

-Laissez leur roi se balader tout seul, n'importe quoi.

Les sorcières s'envolèrent dans une bourrasque et Noré fit remarquer :

-Quand tu étais chef, tu te baladais tout seul, non ?

-Oui, mais je n'étais pas en Terres Sanglantes.

La sorcière qui le portait ajouta :

-De plus, l'île des marais est la pire du Sud.

Noré frissonna en repensant à l'île aux brumes et à la créature démente qui la peuplé. Si les marais étaient pires, elle n'était plus si sûr de vouloir s'y rendre. Xilanos demanda :

-Pire comment ?

Ce fut la seconde sorcière qui lui répondit :

-C'est là qu'ont été repoussé les êtres trop dangereux même pour ceux des Terres Sanglantes.

-Vous n'aviez pas dit que c'était inhabité ?

-Si, parce qu'on ignore ce que sont devenus ces êtres.

Xilanos répliqua avec ironie :

-Pour le savoir, il faudrait peut-être y aller plus souvent.

Les sorcières sourirent à cette remarque :

-C'est vrai.

Noré se sentait complètement réveillé. D'ailleurs, même si elle avait eu encore sommeil, la nervosité l'aurait empêché de fermer les yeux. Sa tête s'emplit du rire de la créature de l'île aux brumes et elle se rendit compte qu'elle avait envie de pleurer. La jeune fille se ressaisit. Ce n'était pas le moment et cela ne servait à rien. Elle préféra réfléchir de façon plus rationnelle. Comment retrouver Algol sur cette île ? Et si les êtres qui y avaient été envoyé avaient disparu, cela voulait-il dire qu'ils avaient rencontré plus fort qu'eux ? Comment se défendre alors, car Xilanos n'avait pas son arc. Quant à elle, le poignard à sa ceinture lui paraissait bien inoffensif.

Les îles défilèrent sous eux, changeant sans cesse. Là, recouverte de neige, ailleurs étendue de prairie. Alors qu'ils passaient au-dessus d'une chaîne montagneuse, il lui sembla entendre un hurlement. Le cri d'une créature féroce et invisible. Lorsqu'ils approchèrent d'une île au sol recouvert de roseaux gigantesques, les sorcières commencèrent à descendre. Ils n'atterrirent pas sur la terre ferme et Noré lâcha à regret le cou de la sorcière pour se laisser glisser dans l'eau. La vase lui recouvrit entièrement les pieds et se soulevait à chacun de leur mouvement donnant au liquide une teinte grisâtre. Une odeur nauséabonde les prit à la gorge.

-Nous survolerons l'endroit, mais il est hors de question que l'on vous accompagne.

Le ton que la sorcière avait employé ne laissait aucune place à la négociation, aussi, Xilanos et Noré ne tentèrent pas de les retenir. En les voyant s'envoler, l'Aurien dit :

-Au moins, l'eau n'est pas froide.

Il était vrai que la température de l'eau se tenait agréablement entre le froid et le chaud. Pourtant, Noré ne se sentit pas plus réconfortée pour autant.

-Allez, viens.

Elle le suivit au milieu des roseaux qui les dominaient tel des géants silencieux. Ils marchaient doucement, lentement, n'ayant aucune visibilité. Noré guettait le moindre bruit, s’attendant à voir surgir des créatures décharnées depuis longtemps oubliées. L’adolescente n’osait pas parler, à peine respirer. Le clapotis de l’eau à chacun de ses pas lui semblait un vacarme assourdissant. Plus ils avançaient, plus le niveau de l’eau augmenté. Xilanos tenta bien de prendre pied sur une portion de terre qui apparaissait légèrement au-dessus de l’eau, mais à peine avait-il posé un pied, qu’il s’enfonça jusqu’au genoux. Il fallut les efforts conjugués de Noré et d’une poignée de roseau bien plantée pour le sortir de ce piège boueux. Finalement, ils s’étaient résignés à rester dans l’eau, pataugeant dans la vase et toujours cernés par ces roseaux gigantesques. Progressivement, alors que le temps passait, l'inquiétude laissa place à l'agacement. Toujours les mêmes roseaux, les bottes pleines de vase, l'eau jusqu'à la taille et aucunes traces d'Algol. Noré finit par chuchoter avec énervement :

-On ne sait même pas par où commencer.

Xilanos répondit sur le même ton :

-C'est vrai, mais ce n'est pas non plus en restant sur place qu'on l'aurait trouvé.

Ne trouvant rien à redire, ils continuèrent de marcher en silence. Quand la faim se fit sentir, Noré ne vit rien qui puisse la satisfaire et se sentit déprimée. S'il n'y avait rien à manger sur cette île ? S'ils ne trouvaient jamais Algol ? Puis, elle se souvint soudain que les sorcières étaient là-haut, probablement en train de suivre leur déplacement. Elle leva les yeux sur le ciel noir sans les apercevoir. Tandis qu'elle se demandait où elles pouvaient bien être passé, Xilanos s'arrêta.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Cela se solidifie. Enfin, disons que cela devient plus boueux.

Elle regarda ce qui se trouvé plus avant. Une trouée dans les roseaux lui permettait d'apercevoir, plus loin, un terrain de boue grise qui semblait sortir de l'eau.

-Qu'est-ce que l'on fait ? On continue ? Il ne faudrait pas que l’on se retrouve coincé.

Xilanos, les sourcils fronçaient, l'expression concentrée, finit par dire :

-J'y vais seul d'abord.

-D'accord.

Il s'avança prudemment, son pied s’enfonça dans un bruit de succion. Il essaya de le sortir et réussit sans trop d’effort.

-Bon, j’y vais.

Il fit un pas, puis un autre. Ses pieds ne s’enfonçant que peu dans la boue, il arriva assez loin lorsque, brusquement, il perdit l'équilibre, tomba sur la gauche et se redressa en lâchant un juron. Noré s’inquiéta :

-Ça va ? Tu peux bouger ?

Noré le vit s’agiter un instant avant de se tourner vers elle :

-Non, je suis coincé.

 La jeune fille entendit l’agacement dans sa voix et s’empressa de chercher un moyen de le sortir de là. Elle sortit son poignard et s'attaqua à un roseau. Lorsque sa tige fut bien entamée, il chuta et se mit à flotter. Elle en saisit un bout et dirigea l'autre vers Xilanos.

-Attrape.

L'Aurien réussit à se tourner à demi pour voir de quoi elle parlait, puis s'empara du roseau. Noré se déplaça sur le côté jusqu'à ce que les roseaux la bloque, puis se campa solidement sur ses jambes, tirant de toutes ses forces. D'abord rien ne bougea, puis l'Aurien lui cria :

-Plus fort.

Noré fit un pas en arrière et se sentit repartir vers l'avant. Finalement, elle fit demi-tour, passa le roseau sur son épaule et avança, calant ses pieds autant qu'elle le pouvait. L'adolescente fit un pas ou deux avant qu’un poids ne la fasse se retourner. Refusant de se laisser repartir en avant, elle tira violemment en arrière et remit le roseau sur l'épaule, puis reprit sa marche. La jeune fille put faire trois pas et tomba soudain quand le garçon, dégagé, lâcha le roseau. Pour son plus grand soulagement, elle réussit à garder la tête hors de l'eau et se redressa aussitôt.

-Noré, ça va ?

-Oui, oui.

Elle fit face à Xilanos. Ils étaient trempés jusqu'aux os, couvert de vase. Leur état pitoyable les fit mourir de rire et quant ils purent reprendre leur sérieux, elle réussit à demander :

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

-C'est impraticable. On s'enfonce et c'est impossible de sortir les pieds de là.

-Alors on fait le tour ?

Il soupira en regardant les alentours avec désespoir et dit :

-Je ne sais pas.

Noré observa également les alentours et se rappela soudain ses inquiétudes. Si les créatures les avaient entendu rire, elles pouvaient surgir d’un moment à l’autre. Elle se secoua, refusant de se laissé mener par son imagination. Elle prit la main de Xilanos et l’entraîna à sa suite en disant :

-Allez viens, on va par là.

Ils partirent sur la gauche et elle prit la tête. Du coin de l'œil, Noré essaya de voir la boue grisâtre, veillant à ce qu'ils ne s'en approchent pas trop. Mais bientôt, les roseaux leur rebouchèrent la vue. Malgré tout, elle continua tout droit, se demandant, pour la énième fois, comment ils allaient retrouver Algol. Quand la soif commença à se faire ressentir, la jeune fille se demanda si l'eau était potable. Brusquement, Xilanos lui attrapa l'épaule et la rejeta en arrière. Surprise et paniquée, elle demanda :

-Qu'est-ce qu'il y a ?

Il répondit dans un murmure :

-Il y a quelque chose dans l'eau.

Elle fixa le liquide, s'attendant à sentir le corps écailleux d'un poisson contre sa jambe, mais il lui redressa la tête :

-Non, par là.

Il fixait un point sur leur gauche, pointant des ondulations circulaires qui venaient vers eux.

-C'est peut-être un poisson.

-Je n'en ai vu, ni sentit aucun jusque là, et toi ?

-Il n'y en a peut-être pas beaucoup.

-Dans le doute faisons nous discrets.

Noré, qui n'avait pas eu l'impression d'être particulièrement bruyante jusque là, se demandait comment accomplir ce nouvel exploit quand Xilanos poussa un cri. Le temps qu'elle se retourne, il avait disparu.

-Xi...

Une étreinte froide et visqueuse emprisonna sa cheville et la tira brusquement en arrière. Elle se retrouva sous l'eau, poussa sur ses bras pour sortir la tête, mais la créature à sa cheville la tira de nouveau. Noré fut traînée à une vitesse folle à travers les roseaux. Se débarrasser de son attaquant ne lui vint pas à l'esprit, trop occupée à essayer de reprendre de l'air autant que possible. Les roseaux lui frappaient violemment les jambes, les côtes, alors qu'elle tournait la tête, la jeune fille en reçut un plein visage. La douleur lui arracha un cri, laissant l'eau vaseuse s'engouffrer dans sa bouche. L'air lui manquait. A un moment, l'adolescente réussit à accrocher un des roseaux, mais la force de son attaquant était si forte qu'elle crut bien que son bras s'arracherait en restant agripper. Une seconde pour respirer et elle lâcha prise. Soudain, Noré fut arrêtée et elle en profita pour se retourner, respirant à grande goulée. Toussant, crachant l’eau qui lui emplissait les poumons. Mais alors qu'elle levait la tête, la jeune fille aperçut une pierre s’abattant vers sa tête. Elle ne vit pas la créature qui la tenait, la seule chose à laquelle elle put penser fut qu'elle allait mourir et le coup s'abattit.

A son réveil, Noré se pressa la tête entre les mains en espérant en faire partir la douleur. Elle sentit un liquide moite sur sa paume et l'observa pour voir de quoi il s'agissait. Du sang. Avec délicatesse, elle tâtonna pour essayer de situer la blessure et sentit une coupure au-dessus du front. Comme cela ne lui sembla pas bien grave, l'adolescente choisit de se concentrer sur l’endroit où elle se trouvait. Noré roula sur le côté, réveillant la douleur dans son crâne et s'agrippa la tête en grimaçant. Posant ses coudes au sol, elle ramena ses jambes sous elle et se redressa lentement. Lorsqu'elle fut agenouillée et que la douleur s'atténua un peu,la jeune fille regarda autour d'elle. Le sol était recouvert de quelques centimètres d'eau et elle était cernée de mur de pierre grises et humides. En levant les yeux, elle aperçut une ouverture loin au-dessus d'elle. Les rayons du soleil qui traversaient difficilement le ciel noir se répercutaient jusqu'au fond de sa prison. Elle rebaissa la tête et resta immobile, encore un peu sonnée. Il lui sembla qu'elle avait un goût de sang dans la bouche et en cherchant d'où cela pouvait provenir, Noré se rendit compte qu'elle saignait du nez. Le souvenir du roseau lui arrivant en plein visage se fit net dans son esprit et elle ne chercha pas d'autre explication. Enfin, elle réussit à se lever et se mit en quête d'un moyen de sortir du puits. L'eau qui lui arrivait aux chevilles était froide. Les pierres couvertes de mousse étaient trop glissantes pour tenter l'escalade. De toute façon, elle ne se serait pas sentit la force d'atteindre le sommet. Faisant un tour sur elle-même, Noré vit que l'eau s'écoulait par un petit tunnel au ras du sol. Elle s'accroupit pour voir à l'intérieur. Effort inutile car il y faisait une obscurité sinistre et l'espace était si étroit qu'elle devrait sans doute ramper pour avancer. Un nouveau coup d'œil aux parois pour s'assurer qu'elle ne pourrait pas grimper, puis l'adolescente revint au tunnel. Inspirant profondément, elle s'allongea et se glissa dans le boyau.

Noré respirait mal, inquiète à l'idée que tout s'écroule sur elle et bientôt, elle fut complètement dans le noir. Elle hésita à continuer et pourtant, elle n'aurait pas était plus avancé en retournant dans le puits. Alors, elle poursuivit, avançant lentement et se demanda soudain que faire si le tunnel venait à se rétrécir. Et si elle restait coincée ? Voilà, elle commençait à paniquer. A cet instant, son front rencontra un obstacle. L'adolescente réussit à tendre le bras et sentit une paroi devant elle. Noré y fit glisser sa main, mais n'y trouva pas de sortie. Puis, repensant à la façon dont elle avait trouvé le tunnel, elle posa la main au ras de l'eau et tenta dans sentir le courant. La jeune fille supposa qu'elle devait aller à gauche. Dégageant son autre bras, elle chercha la paroi à sa gauche et trouva du vide. Noré en repéra les bords et se faufila avec difficulté dans ce nouveau passage. Brusquement, le sol s'inclina et elle se retrouva à glisser dans l'obscurité. Cette fois, si le tunnel s'étrécissait, elle n'avait aucune chance de s'en sortir. L'atterrissage fut moins violent que ce à quoi elle s'attendait. L'adolescente réussit à s'amortir avec son bras et retomba sur le côté. Elle se releva doucement au cas où le plafond s'avérerait bas, mais elle se tint debout sans problème.

La jeune fille chercha un mur à tâtons, pour pouvoir se diriger. Lorsqu'elle en trouva un, Noré longea jusqu'à trouver une autre sortie. Elle fut soulagée en remarquant qu'elle pouvait continuer à progresser debout et poursuivit son chemin. Le seul son qui lui parvenait était le clapotis de ses pas dans l'eau. La jeune fille avançait au hasard sans se demander si la créature qui l'avait attaqué était dans les parages, ni si Xilanos était encore en vie. Elle avait encore des difficultés à réaliser ce qui lui arrivé et elle marchait sans même être vraiment sur de ce qu'elle cherchait. Cependant, suivre la lumière diffuse qui luisait au bout du tunnel, lui apparaissait comme une bonne direction. L'adolescente trébucha quand le mur sur lequel elle s'appuyait disparu et, sans quitter la lumière des yeux, elle continua d'avancer. Sa main finit par retrouver le mur et sa progression se fit plus assurée. Noré déboucha sur un autre puits et aperçut l’Aurien qui tentait d'en escalader les parois. Il réussit à grimper presque deux mètres quand ses pieds glissèrent et il se rétablit debout en jurant. Il grimaça et secoua ses mains comme pour en chasser une douleur. Noré l'observa comme s'il était sorti d'un rêve. Quant il finit par l'apercevoir, l'adolescent fonça sur elle :

-Tu es blessée ?

-Hein ?

Elle se demandait de quoi il pouvait parler quand elle se souvint du sang qui coulait de son front et de son nez.

-Oh non, c'est rien. Toi, ça va ?  

-Une bosse sur le crâne, rien de bien méchant.

Noré regarda par-dessus son épaule sans rien dire et il s'inquiéta :

-Tu n'as pas l'air bien.

Elle répondit d'un ton rêveur, sans le regarder :

-Si, si, je suis juste fatiguée.

-D'accord. Il faut que l'on trouve un moyen de sortir d'ici.

-Il y avait un passage sur la gauche, dans le tunnel.

-Non, c'est de là que je viens. Cela mène à un autre puits.

-Ah.

Un hurlement strident se fit soudain entendre, rebondissant contre les parois, s'amplifiant jusqu'à atteindre la surface. Noré bondit :

-C'est quoi ça ?

Xilanos fixa les ténèbres du tunnel avec inquiétude :

-On aurait dit le cri d'un homme.

 

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