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Chapitre 18

Alors que Lulienne faisait demi-tour, Titian lança :

-Sinon, vos premières impressions de sans nom ? Vous avez dû être rayé des registres lors de l'arrestation.

Noré vit les épaules de la jeune fille se soulever dans un soupir, puis, elle redressa la tête et repris sa marches. L'adolescente rejoignit Titian et ils sortirent avec prudence.

-Bon, reste plus qu'à deviner quel chemin elle empruntera.

Noré réfléchit :

-Sans doute celui que l'on a pris pour aller aux cellules. Elle prendre le chemin qu'elle connait.

-Je pense aussi.

Noré montra le chemin. En un rien de temps, ils furent aux cellules sans n'avoir croisé personne. La jeune fille s'inquiéta :

-C'est pas normal qu'il n'y ait plus de garde.

Titian répliqua :

-Sauf si elle c'est fait prendre.

Elle resta silencieuse et observa à la dérobée la porte que Soria avait franchis plus tôt :

-On continue ou...

La Saldrian entra en courant, passant près d'eux sans s'arrêter :

-Qu'est-ce que vous faites là ? Dépêchez-vous.

Ils firent demi-tour en courant. L’intersection, l'arche, tout défilait rapidement aux yeux de Noré qui se baissèrent un temps sur les traces de sang laissées par les gardes qu'ils avaient tué. La porte du débarras, l'escalier et le tunnel, enfin. Les jeunes gens stoppèrent devant le gouffre obscur. Ils n'avaient pas besoin de s'avancer plus. Les voleurs étaient partis.

Ils restèrent silencieux à fixer le trou béant. Soria passa ses mains sur sa nuque :

-Je le crois pas, ils sont partis sans nous.

Soudain, Titian se mit à donner des coups de pieds furieux dans tous les objets qui l'entouraient :

-C'est pas vrai ! C'est pas vrai !

-Calme-toi ! Ça ne sert à rien.

Il souffla fortement entre ses dents, s'assit sur un sac et croisa les bras. Noré les regarda tour à tour :

-Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

-On sort, bien sûr.

-Comment ?

Le pirate un peu calmé se contenta de dire :

-J'aurais été plus rassuré s'il y avait eu des gardes dans le couloir. Là, je crains le pire.

-Je suis d'accord, mais il faut que l'on se décide vite.

Ils réfléchirent activement. Il fallait sortir sans se faire prendre, si possible sans être vu. Mais où passer inaperçue. Noré proposa :

-Si on pouvait atteindre la foule, on s'y mêlerait pour sortir.

-En espérant qu'ils n'ont pas déjà évacué tout le monde. 

Titian hocha la tête et sans un mot, gravit l'escalier. Elles suivirent. Soria s'exclama soudain :

-Eh , mais, la récompense. On n'aura pas notre or ?

Le visage de Titian se décomposa :

-Mon or... j'avais oublié.

-Oh... Eh bien, sache que je suis touchée que tu te sois inquiété pour moi au point d'oublier la récompense.

Il se pencha vers Noré :

-Sérieux, je la tue.

Sa seule réponse fut :

-On devrait peut-être se dépêcher.

Soria approuva :

-Tu as raison ! En route.

Elle poussa le pirate dehors. Les couloirs restaient vide. De l'extérieur provenait une rumeur, une agitation qui ne semblait pas décider à franchie les murs.

-Bon, j'ai vu une porte qui mène à la cour par le vitrail tout à l'heure. Elle doit être par là.

 Ils se remirent à courir dans le couloir de droite, continuant sur le même étage, ils prirent à gauche, Soria en tête :

-Ça ne devrait plus être loin.

Noré apercevait un nouveau croisement, lorsque Soria s'arrêta, retenant Titian qui n'aurait pas freiné à temps.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

Soria posa les yeux sur elle :

-On a trouvé les gardes.

Noré se pencha discrètement. En fait de croisement, le couloir s'élargissait soudain, formant un renfoncement. A plusieurs mètres d'eux, une grande porte à double battant y était gardé par une dizaine d'homme. Titian leva les yeux au ciel, avant de les reposer sur la jeune femme qui lui faisait face :

-Ils gardent les portes au lieu de courir dans tous les sens. D'accord. On fait quoi ?

-On a pas tellement le choix. On fonce.

-Et pour les portes ?

-Noré va les ouvrir.

La concernée était désespérée. Elle se sentait incapable de traverser le groupe d'homme sans se faire attraper, mais elle ne dit rien, consciente que les choix étaient limités. De plus, les deux jeunes gens semblaient sûrs d'eux. Soria rejeta sa longue chevelure ailes de corbeaux dans son dos :

-Permettez, je passe devant.

Elle sourit sur les gardes, bondit, retomba sur ses mains et lançant ses jambes en arrière, lâchant les huit anneaux qui ornaient ses chevilles. Tandis que les cercles s'envolaient dans l'espace, Titian prit sa dague et son poignard, saisit Noré et la jeta devant lui. La jeune fille resta figée. Les gardes, remis de leur surprise de l'apparition de Soria, leur fonçaient dessus. Titian lui hurla :

-Cours !

Noré tressaillit. Au prix d'un grand effort, ses jambes finirent par obéir et elle courut sur leurs ennemis. L'adolescente fixa ses yeux sur la porte, se répétant de ne penser à rien d'autre que de l'ouvrir. C'est tout ce qui importait. Un éclair doré passa devant elle, provoquant un mouvement de recul, mais elle se ressaisit aussitôt. Soria savait ce qu'elle faisait avec ses bracelets, se rassura-t-elle. Un homme la frôla en s'écroulant un instant, l'adolescente crut être attrapée. Puis, elle vit le poignard dans son dos et redoubla d'effort. La porte n'était plus si loin. Elle tendit la main, sentit le froid de la poignée sous sa main, puis plus rien. Il lui fallut un temps pour réaliser qu'elle reculait. Noré se tourna vivement pour voir le garde qui la tenait par le col. Elle tenta de lui envoyer un coup de poing, mais son bras étant trop court, le coup se perdit dans le vide. Il y eut un sifflement et un bracelet d'or vint se planter dans la poitrine de l'homme. Il tomba à genoux, son bras perdit sa force et Noré se dégagea. En deux bonds, elle revint sur la porte. La jeune fille s'empara de la poignée et tira. La porte bougea à peine. Elle se servit, alors de ses deux mains, balançant son corps en arrière. La porte resta bloquée. Prenant appui sur le deuxième pans de porte à sa droite avec son pied, elle recommença, tirant sur ses bras de toutes ses forces. Enfin, la porte se débloqua. Noré tirait encore quand le bruit d'une cavalcade détourna son attention. Un nouveau groupe de soldat arrivait par le couloir. Elle vit Titian et Soria s'en approcher, lorsque le pirate sembla inquiété par autre chose. Il regarda Noré et se mit soudain à hurler :

-La porte ! La porte !

Elle tenta de voir ce dont il parlait, mais la seule chose à laquelle elle pouvait penser était aux gardes qui les attaquaient. Lorsque sa voix lui parvint à  nouveau :

-Elle se referme !

Ce fut comme un déclencheur. Noré se rejeta dessus. Ses pieds glissèrent sur le sol, le poids de la porte l'emportait. Elle chercha ses compagnons du regard. Ils avaient visiblement changé de stratégie. Plutôt que d’attaquer les nouveaux arrivants, ils couraient côté à côte vers la sortie. Titian arriva le premier. Ils se mit dans l'interstice entre la porte ouverte et l'autre battant. De ses bras tendus, il maintint la porte ouverte :

-Vite ! Vite ! Dehors !

Ses deux compagnes passèrent sous ses bras et se retrouvèrent dehors. La foule, en pleine évacuation, passait juste devant. Deux marches à descendre et ils se glissèrent parmi les spectateurs. Noré observa les alentours, le plus discrètement qu'elle put. Des gardes se tenaient le long du bâtiment. Trois d'entre eux, proches de la porte d'où ils étaient sortis et qui les avaient apparemment vus, ils marchaient à pas mesurés. Brusquement, les portes s'ouvrirent avec violence. La troupe de garde en sortit et fut, aussitôt, rejointe par les gardes les plus proche. Le capitaine hurla pour se faire entendre par-dessus le brouhaha de la foule :

-Fermez les portes !

Noré porta son regard en avant. Plusieurs mètres devant elle, la jeune fille aperçut  le mur d'enceinte dont d'immenses portes de bois massives commençaient à fermer l'accès. Elle perça la foule, se faufilant dans les plus petits espaces. Plus en avant sur sa gauche, elle repéra la robe rouge de Soria. Alors que sur sa droite, Titian se traçait son propre passage. Un regard sur le côté lui permit de voir les trois gardes qui les désignaient du doigt au capitaine, tandis que d'autres traversaient déjà la foule dans leur direction. Noré accéléra tant qu'elle pu, mais les portes étaient presque fermées.

-Non, non, non, non...

Elle murmurait le mot comme une litanie qui aurait pu stopper l'inévitable. Il lui restait moins de trois mètre à parcourir lorsque les portes se fermèrent pour de bon. Elle s'arrêta, les yeux levés sur l'évidence. Ils étaient piégés. A moins que Soria ou Titian n'aient réussi à passer. Ses espoirs furent vite évanouis en voyant la Saldrian se frayer un passage dans sa direction. Titian finit par les retrouver, bien que son regard soit fixé en arrière :

-Les gardes ne vont pas tarder à être sur nous.

Noré sentit son estomac se tordre de frayeur :

-Qu'est-ce qu'on fait ?

Comme aucun des deux ne répondez, elle insista :

-Alors ? On fait quoi ?

Elle lut le désespoir dans le regard bleu de Soria. Celle-ci tournait sur elle-même, observant le moindre coin, à la recherche d'un quelconque moyen de sortir. Titian, lui, restait maître de lui, bien que la crispation de ses doigts sur son poignard laissait paraître une certaine nervosité. Noré chercha de son côté, un moyen de se sauver, mais toutes ses pensées restèrent bloqués sur la vision des gardes qui approchaient.

-Oh...

Noré releva la tête, pour voir ce qui avait fait réagir Titian. Il regardait toujours derrière elle et, à présent, Soria suivait le même direction. Ils avaient l'air surpris, bien plus, ahuris. La première chose que remarqua Noré, ce fut l'ombre qui se mettait à les recouvrir. Elle se retourna, alors, et vit ce qui avait fasciné ses compagnons. Du trou fait sous l'échafaud, un énorme serpent avait jaillit, noir, luisant. Il baissa vers la foule sa tête aux yeux cousus et ouvrit une gueule gigantesque aux crocs coulant de venin. C'est à cet instant précis que la foule se mit à hurler, s'élançant vers les portes sans plus de réflexion. Noré faillit perdre l'équilibre, brusquement poussée vers l'avant. Entraînée par la marée humaine qui fuyait, elle vit disparaître Titian et Soria. Les gardes, même, se mêlèrent aux fuyard et, à force de poussée, les portes furent rouvertes. Aussitôt, Noré focalisa toute son attention dessus. Bien qu'elle se demanda si c'était Lulienne qui était revenu, utilisant son basilic pour détourner l'attention, espérant que cela leur serait d'une aide quelconque. Elle courait au milieu des autres, faisant attention à ne pas se faire renverser, car alors, nulle doute qu'elle aurait fini piétinée.

Noré courut encore une fois les portes passées. Elle ne s'arrêta qu'après avoir passé le premier coin de rue et quand elle fut sûr de ne plus être vu de la prison et de ses gardes. Là, la jeune fille regarda se déverser la foule hurlante à la recherche de ses amis. Une main se posa sur son épaule. Son premier réflexe fut de se dégager, mais elle se retint en reconnaissant Soria :

-Où es Titian ?

Elle haussa les épaules, puis elles scrutèrent ensemble la sortie de la prison. Lorsqu'elles virent le nombre de fuyard se réduire, elles s'éloignèrent un peu dans la rue. Soria réfléchit :

-S'il est déjà sorti, où a-t-il pu passer ?

-Peut-être qu'il n'est pas sorti. Peut-être qu'il est retourné en arrière.

-Pourquoi aurait-il fais cela ?

-S'il a vu Lulienne, il s'est peut-être dit qu'il avait une chance de récupérer la récompense.

-C'était Lulienne ?

Elle haussa les épaules :

-Je ne sais pas, mais peut-être qu'il a voulu tenter le coup.

Soria secoua la tête :

-Non, il n'est quand même pas si bête.

Nouveau haussement d'épaule :

-Il y tenait vraiment à son or.

Soria hésitait. Finalement, elle frappa du pieds au sol, d'un air résolu :

-No, il est sorti et il doit nous attendre dans une autre rue, c'est tout.

Noré souhaita qu'elle ait raison, car s'il n'était pas à l'intérieur et pas en train de les attendre, où pouvait-il être ? Elle se souvint de son absence lorsqu'ils avaient fui l'auberge. Pendant un instant, elle avait cru qu'il avait rejoint les pirates. Et, à présent, que devait-elle penser ? Les pirates ne pouvaient être dans les environs. La distance entre la ville du port et Syf devait être bien grande. Certainement, Titian devait les attendre quelque part. Elles se déplacèrent à l'abri des maisons. En traversant la rue qui menait à la prison, Noré jeta un œil à celle-ci. Les portes étaient toujours ouvertes. Les gardes étaient amassés devant, ils regardaient avec effroi l'endroit où le basilic était sorti. Malgré tous les effort de leur capitaine pour les remettre au travail, ils restaient immobiles, paralysés de frayeur. Bientôt, ils s'en remettraient et alors, ils se disperseraient en ville pour les chercher. Inquiétée, elle se rapprocha de Soria :

-Dépêchons-nous.

Elles pressèrent le pas et cherchèrent dans les rues proches de la prison. Lorsqu'il devint évident que Titian ne s'y trouvait pas, leur priorité fut de s'éloigner. Les gardes s'étaient dispersés. Elles les entendaient communiquer par grands cris. Elles marchaient à grands pas sans courir, cependant, évitant les endroits d'où provenaient les voix des gardes. Elles se glissèrent au milieu des passants et, bientôt, atteignirent les abords de la ville. Noré s'assit en soupirant sur un vieux banc de pierre recouvert de mousse.

-Où peut-il bien être ?

Soria s'assit près d'elle. Elles restèrent toutes deux silencieuses. Quand des éclats de voix leur parvinrent. La Saldrian se mit sur ses pieds :

-Les gardes, ils approchent.

-Nous ne pouvons pas partir sans Titian.

-Et on ne peut pas rester là. Viens.

Elle lui prit le bras et l’entraîna sur le chemin menant à l'extérieur de la ville et qui se poursuivait dans une forêt aux buissons de fougères.

-On a qu'à se cacher dans les fougères.

-D'accord.

Elles enjambèrent les plantes, s'enfoncèrent un peu dans le sous-bois avant de se terrer sur le sol. A travers les fougères, elles purent voir arriver les gardes. C'était un petit groupe qui se mit à discuter à voix basse. Trois firent quelques pas sur le chemin. Noré se tassa un peu plus derrière les fougères. Ils furent rappelés par ceux qui étaient restés au niveau des dernières maisons. Ils discutèrent à nouveau, puis se divisèrent se contentant de longer les abords de la ville, scrutant alternativement les rues et les bois. Les deux jeunes filles reculèrent encore le plus discrètement possible. Soria se glissa derrière un arbre, Noré s'aplatit sur le sol. Les gardes passèrent sans les voir. Elle attendit qu'ils se soient éloignés pour se redresser. Assise près de Soria qui restait appuyée contre le tronc, elle demanda :

-Nous retournons chercher Titian ?

La Saldrian soupira :

-Mais où ?

Noré ne sut que répondre. Enfin, Soria se leva, imitée par la jeune fille.

-Prenons la route en attendant que les choses se calme en ville, puis nous reviendrons.

L'adolescente était peu sûr que cela fut la bonne décision à prendre, mais n'ayant pas de meilleur idée, elle rejoignit la route en compagnie de Soria. Elles vérifièrent que les gardes ne revenaient pas et se mirent en marche, en silence. Chacune dans son coin se repassait les événements depuis qu'ils étaient oppressés par la foule. Mais aucune n'avait fait attention à la direction prise par Titian lorsqu'ils passèrent les portes.

Un son parvint sur leur droite. Soria agrippa le bras de Noré qui dit dans un souffle :

-Les gardes ?

Soria prépara un bracelet. Le son se rapprocha. Il ne faisait aucun doute. On marchait dans le sous-bois, dans leur direction. Noré se rapprocha de sa compagne. Mais, soudain, Titian jaillit sur la route. Ils se fixèrent tous trois. Il semblait tout aussi étonné qu'elles de se rencontrer là. Soria fut la première à parler :

-Mais... comment ? Où étais-tu ?

Le jeune homme sembla gêné de répondre :

-Des choses à faire.

Soria resta sans voix, tandis que Noré reprenait :

-Des choses à faire ? Qu'est-ce que tu racontes ? On t'a cherché en sortant de la prison, où étais-tu ?

-Eh bien, j'ai couru... jusqu'ici.

Elles échangèrent un regard. Il mentait, elles n'en doutaient pas. Il les observa puis lança le plus naturellement du monde :

-On y va ?

Soria refusa de bouger :

-Quoi ? Comme ça. Tu sais au moins où va cette route ?

Sans se retourner, il ordonna :

-Suivez-moi !

Elles lui emboîtèrent le pas.

-Dis-nous ce que tu faisais.

Le chemin de gravier s'assombrit à l'ombre des arbres. Noré réprima un frisson. Titian était bizarre et cela ne présageait rien de bon. Soria le questionnait toujours, malgré qu'elle soit royalement ignorée. Ils amorcèrent un virage. Une trouée à travers les arbres, inondait le chemin de soleil. C'est là que Titian s'arrêta, exaspéré par les questions de Soria. 

-Ecoute, Soria, je t'ai l'ai déjà dit. Je suis sorti de la prison, j'ai couru le plus loin possible, c'est tout.

-Tu devais pourtant te douter, qu'une fois sorti, on t'attendrait à proximité. 

Le pirate allait répondre, lorsque Noré poussa un cri. Une chaîne s'était enroulée autour de son cou et elle fut tirée en arrière. Le métal l'étranglait tandis qu'elle était traînée sur le sol. Les graviers lui raclaient le dos. Elle se griffait le cou en tentant de saisir la chaîne. On cessa de l'entraîner alors qu'elle entrait sous les arbres. La chaîne se relâcha quelques secondes, dont elle profita pour respirer un grand coup. A la place, une main puissante la saisit à l'épaule, la forçant à se relever. Puis, la chaîne fut serrée de nouveau. Titian lança à l'homme qui tenait la jeune fille :

-Continue comme ça et tu lui briseras le cou.

Soria était restée planté sur place :

-C'est un pirate ?

Titian se gratta la tête en baillant :

-Bien sûr. Tu ne sens pas ce relent d'alcool et de sueur ? Ça, c'est du pirate, crasseux et puant. 

Soria prit un de ses bracelets et s'apprêtait à l'envoyer, quand le pirate qui tenait Noré lança :

-Les gars, sortez de vos planques.

Une centaine de pirate surgit des bois. Soria réagit au quart de tour, repliant le bras. Titian bondit sur elle, lui saisit le poignet et lui mit son poignard sous la gorge. La Saldrian en lâcha son bracelet. Noré fixait la scène avec surprise, sans pouvoir prononcer un mot. Titian sourit et ordonna :

-Prenez la Saldrian ! Attention aux bracelets !

Soria ne fit pas un geste tandis qu'on lui retirait ses bracelets. Titian appuya un peu plus le poignard sur sa gorge.

-Les jambes maintenant.

Elle lui jeta un regard mauvais et fit glisser les anneaux sur ses pieds. Les pirates s'en emparèrent. Puis, ils lui lièrent les mains. Le jeune homme sourit à ses deux anciennes compagnes :

-Ne me regardez pas comme ça voyons. Vous connaissez le pirate aux cheveux océan, il faudrait être fou pour oser le trahir.

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