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Noré craignit que la porte ne cède au premier coup, mais elle tint bon. Les enfants archers se tenaient sur le toit du bâtiment, protégés par les branches. Xilanos avait donné une dague à la jeune fille et l'avait repoussé jusque dans l'entrée. Titian, appuyé au chambranle, tenait négligemment son pistolet. Noré se pencha légèrement pour jeter un coup d'oeil à ce qui se passait dans la cour.
Un bout de la porte sauta. Les archers décochèrent leurs flèches sur les bras qui tentaient d'ouvrir. Le cœur de Noré s'accéléra. Elle imaginait déjà les hommes s'engouffrant dans la cour, massacrant les enfants sur leur passage, allant droit sur elle. Là, la jeune fille tenta de penser à la douleur que devait provoquer une lame qui vous traverse. La peur de mourir s'insuffla en elle comme un poison. N'y avait-il aucun moyen de fuir cet endroit ?
Soudain, un vrombissement de tonnerre s'éleva au-dessus d'elle. Noré leva la tête, tentant de voir de quoi il s'agissait. Les fées surgirent d'entre les feuilles et, crachant, crocs et griffes dehors, s'élancèrent sur les hommes. L'adolescente entendit des hurlements jaillir au-dessus du mur. Mais, malgré tout leurs efforts, la porte céda.
Trop étroite, elle ne laissait entrer qu'un homme à la fois. Xilanos s'avança et tua le premier, puis Eliana en tua un second. Les Auriens formèrent un arc de cercle autour du trou laissé par la porte. Titian tirant sur les mains qui essayaient d'attraper les enfants à proximité, avec un air de profond ennui.
Noré fut saisi d'une peur panique et recula à l'intérieur du bâtiment. Ils ne réussiraient pas à les retenir bien longtemps. La main fermement serrée sur sa dague, elle cherchait du regard un endroit où se cacher.
Alors, quelque chose lui parut étrange. Noré se concentra. Un bruit sourd lui provenait de sa gauche. Elle entra dans le dortoir avec méfiance, l'arme levée. Un nouveau choc et de la poussière s’échappa du mur du fond. Il fallut une seconde pour que l'adolescente comprenne ce qu'il se passait. Comment avaient-ils pu arriver là ? Se ressaisissant, elle s'élança dehors :
-A l'intérieur ! Ils essaient d'entrer ! Ils détruisent le mur !
Aussitôt, Xilanos fit un signe de la main et Eliana se détacha du groupe amassé près de la porte, attrapant au passage quatre garçons et deux filles. Ils entrèrent. Noré les mena au dortoir et ils se placèrent en demi-cercle autour du mur qui d'effritait. Elle posa les yeux d'Eliana. Le regard fixe et droit, la fillette patientait. L'Aurienne était plus jeune qu'elle et cette pensée lui donna un souffle de courage. Noré se sentit en devoir de soutenir la fillette. Aussi, elle raffermit sa prise sur son arme et se plaça à côté d'elle. Le mur s'effondra.
Eliana s'élança, avant même que Noré ne réalise ce qu'il se passait, et blessa un homme à la cuisse. Celui-ci se retourna. L'adolescente entendit une voix dans sa tête lui hurler : Bouge, bouge, bouge ! Son corps se mit soudain à bouger et elle eut le sentiment que sa conscience mit quelques secondes avant de s'accorder avec lui. Noré s'élança à son tour, profitant de l'inattention de l'homme, mais le pirate se retourna, utilisa son couteau pour arrêter sa dague. Elle resta un temps interdite, fixant l'homme qui souriait. Son esprit chercha à toute vitesse ce qu'elle devait faire ensuite, mais la peur brouillait tout. Eliana en profita et transperça la jambe de l'homme. Il hurla et Noré, sans plus réfléchir, souleva son arme au-dessus de sa tête, dans un geste maladroit, et la planta dans le torse du pirate. La jeune fille n'y avait pas mis assez de force et l'adversaire, bien qu'il eut de la surprise dans le regard, leva son arme. Noré le regarda faire sans bouger, sans comprendre. Ne devait-il pas être mort ? L'homme s'effondra car Eliana l'acheva d'un coup dans le dos. Noré fixa le corps, tremblante. L'Aurienne passa près d'elle avec un grand calme.
Noré jeta un regard autour d'elle. Un des garçons était mort sans qu'elle s'en aperçoive et trois pirates gisaient sur le sol. Les ennemis continuaient d'apparaître à travers la brèche. D'autres Auriens les avaient rejoint sans qu'elle ne sache à quel moment. Un hurlement attira son attention. Un autre homme s'élança sur elle. Noré serra sa main autour du pommeau de son arme, mais n'eut pas la force de la soulever, la terreur l'immobilisait. Son esprit se révolta, lui intimant de se déplacer, de lever la dague. Seulement, son corps ne bougea pas. La jeune fille s'imaginait, déjà, l'épée de l'homme lui traversant le crâne, lorsqu'une flèche le terrassa. Au prix d'un grand effort, elle se força à se tourner. A l'entrée du dortoir, Xilanos, arc en main, leur cria :
-On recule !
Les Auriens qui l'entouraient s'exécutèrent immédiatement. Noré jeta un dernier regard à l'homme à ses pieds.
-Noré !
L'appel du chef Aurien la secoua et elle le rejoignit en courant avant qu'un autre pirate ne la prenne pour cible. Une fois dans l'entrée, elle s'aperçut que les pirates avaient envahi la cour.
-Comment on...
Sa question resta en suspens, s'apercevant que tous entraient dans la salle où ils mangeaient. Noré ne comprit pas. N'avaient-ils pas l'intention de s'enfuir ? La sortie n'était-elle pas dans la cour ? Xilanos lui saisit le poignet et l'entraîna à sa suite, la coupant dans son questionnement. Ils traversèrent la salle pour se rendre dans celle de l'arbre. Le chef cria d'une voix forte :
-Allez ! Dans le passage, vite !
Les enfants passèrent derrière le tronc de l'arbre. Noré s'approcha et aperçut un étroit passage. Pour espérer atteindre l'autre côté, ils devaient se mettre de profil. Les enfants se glissaient avec difficultés, plaqués contre le mur, retenant leur souffle. Le premier passé avait ouvert la porte menant dehors, permettant au jour d'éclairer le passage sombre. Ils s'élancèrent à l'extérieur. Xilanos chercha à entraîner Noré, mais elle s'arrêta. Il lui lança un regard interrogateur.
-Titian, il ne passera pas.
L'Aurien jeta un regard au pirate qui était resté tranquillement derrière.
-Allez-y, c'est bon.
-Mais, tous les pirates ?
Il bailla en se grattant la tête :
-C'est bon, je te dis. Je suis très fort.
Xilanos pressa un peu plus sur son poignet.
-Vite, Noré !
Titian écrasa le pied de la jeune fille. Celle-ci poussa un léger cri de douleur en grimaçant. Elle ajouta tout de même :
-Tu es sûr ?
Xilanos la tira dans le passage avant que le pirate ne réponde. L’exiguïté du passage l'effraya, mais elle fut bientôt dehors. Une pente douce s'étendait. Devant, les enfants couraient entre les arbres tous dans la même direction. Sans la lâcher, Xilanos s'élança. Pour réussir à le suivre, Noré se concentra sur sa course, ignorant où ils allaient. Noré releva la tête en entendant l'Aurien crier, imité par les autres enfants :
-Alianis ! Alianis ! Les Auriens implorent votre aide ! Entendez leur appel !
La prière fut répétée de nombreuses fois, sans qu'ils cessent de courir. Arrivé dans une clairière, Xilanos stoppa. Noré chercha ce qui avait causé cet arrêt et crut discerner quelque chose dans les fougères. Puis, leur chef lança:
-Arrêtez ! Il y a quelqu'un ici !
Les Auriens stoppèrent leur course, les rejoignant dans la clairière. Sans un mot, ils se mirent en cercle. Presque aussitôt, une femme aux longs cheveux bruns coiffés en multiple tresse, surgit devant eux. Noré entendit Xilanos pousser un soupir de soulagement. Il s'avança et s'agenouilla devant la femme. Puis, tendit les maison, paumes ouvertes. La femme les prit :
-Mère, les Auriens appellent les Alianis au combat.
-Et les Alianis les accompagneront.
Une centaine de femme surgirent à cette phrase. Vêtues en guerrière et armées. Alors, le garçon se releva et, sans un mot de plus, fit demi-tour. Les enfants et les femmes suivirent. Noré ne comprenait pas d'où ces femmes pouvaient venir. Sa mère ne lui avait jamais parlé des Alianis.
Lorsqu'ils arrivèrent en vue du mur, ils stoppèrent. Xilanos divisa les Auriens en deux groupes, un qu'il mènerait et l'autre mené par Eliana. Les femmes prirent un temps à analyser les prises du mur. Soudain, deux d'entre elles s'élancèrent. Il ne leur fallut que quelques secondes pour escalader et disparaître dans le feuillage. D'autres suivirent. Elles grimpaient telles de gracieuses araignées, semblant, parfois, juste effleurer le mur. Noré resta admirative.
Le groupe de Xilanos contourna sur la gauche, celui d'Eliana sur la droite. Bien que le garçon lui ait fait signe de la suivre, Noré se posa sur la porte qu'ils avaient emprunté quelques instants plus tôt. L'inquiétude l'envahit en pensant à Titian. La voyant qui ne suivait pas, Xilanos revint sur ses pas :
-Qu'est-ce que tu fais ? Dépêche-toi de venir.
-Je m’inquiète pour Titian.
-On l'a quitté à peine quelques minutes, il va bien.
-T'en sais rien. Je voudrais réemprunter le passage.
-Pas toute seule.
-Xilanos, le temps presse.
C'était l'Alianis qu'il avait appelé mère qui avait parlé. Il passa de l'une à l'autre, pour finalement lancer à Noré :
-Comme tu veux.
Puis, il rejoignit son groupe. Elles les regarda tourner au coin du bâtiment, s'approcha du passage et guetta un temps si des sons de lutte lui parvenait de la pièce. Comme il n'y avait rien, elle reprit le passage. Lorsqu'elle eut un pied dans la pièce, elle appela doucement :
-Titian ?
Une fois dans la pièce, elle resta figée et se sentit paniquer. Allongé au milieu des cadavres de pirates qu'il avait tué, Titian ne bougeait pas, la tête en sang. Noré s'efforça de s'approcher et se pencha sur le jeune homme. Elle approcha une main tremblante de son visage. Le pirate bailla alors, en se mettant sur le côté. Noré poussa un soupir de soulagement, bien qu'elle n'arrivait pas à imaginer qu'il ait pu s'endormir si rapidement et en de telles circonstances. Elle se détendit et ce fut seulement alors qu'elle perçut des éclats de voix lui parvenant de la salle de repas. Noré s'en approcha avec précaution. L'adolescente ne l'avait pas encore atteinte quand les rires tonitruants des pirates furent remplacer par des cris de rage, mêlés à ceux des Auriens et des Alianis. Noré entre-ouvrit la porte pour voir ce qu'il se passait.
Derrière chaque Alianis, se tenait un Aurien et ne la quittait pas à moins que cette dernière, qui combattait, ne se retrouvât en difficulté. Alors, l'enfant surgissait et frappait. Cela évitait, aussi, aux Alianis d'être attaquées par derrière. Noré les regarda un temps combattre avec une coordination parfaite. Bien que se sentant honteuse de rester ainsi, la jeune fille ne bougea pas. Elle avait toujours sa dague en main et la regarda sans conviction. Un pas dans la pièce et elle se ferait tuer, elle en était certaine. Noré entendit Titian grogner dans son sommeil. Avec lui, cela ferait un combattant de plus. La jeune fille revint vers son compagnon, le saisit aux épaules et le secoua violemment en l'appelant sans trop élever la voix. Le pirate la repoussa en se redressant, poussant un juron :
-Qu'est-ce que tu veux ?
-Il faut que tu viennes aider les Auriens.
Il s'étira en baillant, puis, la fixa, cherchant ce dont elle parler. Se souvenant soudain, il soupira :
-C'est pas fini, encore ?
-Non, ils se battent juste à côté. Comment tu as pu t'endormir ?
-Bah, j'étais là, je tapais des gens et boum sur ma tête et voilà.
Noré saisit son bras pendant qu'il parlait et tira pour le relever, mais le pirate ne fit aucun effort.
-Dépêche-toi de te lever ! Faut que l'on aille les aider !
Il daigna se mettre debout. Sans le lâcher, Noré dût user de toutes ses forces pour le tirer vers la porte.
-Quand tu dis "nous", ce serait pas plutôt moi et ton soutien mental de loin ?
Elle jeta un coup d'oeil dans la pièce, la lutte continuait.
-Allez, Titian, vas-y.
-Pas de problème.
Noré se sentit poussée et se retrouva dans la pièce avant de le réaliser. Elle leva sa dague immédiatement. Titian vint à son côté :
-Et t'avises pas de retourner en arrière.
La jeune fille parla d'une voix blanches, cherchant à saisir l'emplacement de tous les pirates qui l'entouraient :
-Je vais mourir.
-Mais non.
Et Titian se lança dans la bataille. Noré resta sur place. Il y avait plus d'Alianis que d'Auriens, aussi, certaines combattaient seules. Une jeune femme, noire de peau dont les cheveux frôlés les épaules, l'aperçut et se plaça devant elle, lui tournant le dos. Noré vit les yeux d'un bleu pur de l'Alianis l'observer par-dessus son épaule :
-Tu restes derrière.
L'adolescente hocha la tête. L'Alianis fit un pas, Noré en fit un, prenant garde de bien rester derrière elle. La femme s'élança sur un pirate. Celui-ci la vit arriver et para le coup. Il la repoussa violemment. L'Alianis tangua sous la force de l'homme. Le pirate en profita pour attaquer. Noré se répéta qu'elle devait attaquer, espérant que son corps finirait par obéir. Au moment où elle se décidait à frapper, l'Alianis se ressaisit et donna un coup violent sur la jambe gauche de l'homme. De la chair se détacha et le pirate tomba à genoux. L'Alianis le décapita immédiatement, puis se replaça devant Noré. Le combat touchait à sa fin. Le cœur de la jeune fille battait à tout rompre, pensant au moindre faux pas qui pourrait la tuer, elle, et l'Alianis par la même occasion. Une fée fusa devant elle, la faisant sursauter. En la suivant du regard, l'adolescente vit la petite créature s'agrippée au bras d'un pirate et le mordre à pleine dent. L'homme rugit de rage et d'un geste violent, la jeta au sol avant de l'écraser avec son pied. Un cri retentit. Noré vit une Aurienne tombée à genoux. Une poussière argentée s'échappa de son corps et s'éparpilla dans l'espace. Ses cheveux châtains et ses yeux marrons apparurent, tandis que du cadavre de la fée s'échappa la même poussière et elle retrouva ses couleurs d'origine. L'Aurienne se reprit, se jeta sur le pirate avec l'Alianis qui l'accompagnait.
Peu à peu, le nombre de pirate diminua. Alianis et Auriens se retrouvaient à plusieurs sur le même homme. Noré n'eut, finalement, rien à faire car deux groupes les avaient rejoins. Lorsque le dernier pirate s'écroula, il y eut comme un moment de flottement. Ils fixaient les cadavres au sol, s'entre-regardaient, cherchant à savoir quel ami était mort. Noré avait lâché son arme, le regard perdu. Elle alla s'installer contre le mur et se laissa glisser sur le sol. Il n'y eut aucun cri de victoire, ni rire de soulagement.
-Allez ! On bouge. Emmenez les cadavres des pirates dans la cour, ceux des nôtres derrière.
La jeune fille les regarda s'activer avec des gestes lents, puis de plus en plus sûrs, au fur et à mesure qu'ils reprenaient pieds. L'Alianis qui l'avait aidé s'approcha :
-Viens, ne reste pas là.
Noré jeta un dernier regard circulaire dans la pièce avant de se relever et de la suivre. Elles sortirent dans la cour. Le ciel avait les teintes pastels du couchant. Une lune ronde et pâle perçait comme si elle eut voulu vaincre le soleil. L'Alianis s'assit à même le sol, contre le mur. Noré s'avança et la jeune femme l'invita à faire de même :
-Je suis Hëdjik.
-Je m'appelle Noré Dint.
Noré resta un instant silencieuse, fixant l'Alianis. Puis, osa demander :
-Est-ce que tu es peinte ?
-Peinte ?
-Oui, tu es toute noire.
Hëdjik éclata de rire :
-Non, je suis comme ça de naissance.
-Est-ce que tu es...
Noré hésita à finir sa phrase. Hëdjik attendit, puis la relança :
-Oui ?
-Est-ce que tu es...
La jeune fille baissa le ton, comme pour faire une confidence :
-Magique ?
Hëdjik lui sourit :
-Mon peuple a été jugé magique.
Noré comprit ce qu'elle sous-entendait. Un jour, elle avait demandé à sa mère pourquoi elle n'avait jamais vu aucun des êtres dont elle lui racontait les histoires. Sa mère lui avait répondu qu'en des temps anciens, le siège de la Sinia s'était soudain méfié de toutes magies. Elle leur était apparu comme une menace au règne du siège. Des mesures furent prise. Tous les peuples jugés plus ou moins magique furent envoyés en Métane. Une fois là, la Sinia se désintéressa de leur sort. Les légendes apparurent. Noré fut curieuse :
-Qu'est-ce que vous avez de magique ?
-Nous contrôlons le feu.
Noré resta un instant sans voix :
-Pour de vrai ?
-Oui.
-Qu'est-ce qui est arrivé aux peuples magique une fois en Métane ?
L'Alianis observa la jeune fille :
-Tu es Sinienne ?
Elle hocha la tête et Hëdjik poursuivit :
-Il y a eu un tri. Ceux jugeaient les moins dangereux furent acceptés en Métane, les autres furent envoyés dans le îles du sud.
-C'est ce qu'on appelle les Terres Sanglantes ? Ma mère m'a parlé de ça. Enfin, le peu qu'elle en savait. Elle m'a juste dit que la Métane y avait cloîtré les plus dangereuses et les plus féroces des races. On dit que c'est des îles au sol noir et mortelles pour tous les étrangers qui s'y aventurent, c'est vrai ?
La jeune femme acquiesça et ajouta :
-Ce sont des îles aux dangers constants et où tous s'entre-dévorent. C'est là que se cachent les Tiarks, les Vempyres et certains pensent aussi, les sorcières. Bien que je n'en ai jamais vu une seule. Pour survivre, mon clan s'est allié à un autre, les Saldrians.
Noré fit la grimace :
-En Sinia, on ne sait pas grand chose des créatures qui se cachent là-bas. C'est quoi le nom de ton clan ?
-Rhosay.
-Comment t'as fait pour t'échapper des Terres Sanglantes ?
Hëdjik sourit :
-Avec la guerre qui approche, rien n'est aussi bien surveillé qu'avant. Cela m'a permis de voyager à travers la Métane, pour finalement me retrouver ici, où les Alianis m'ont accepté. Je me plait bien ici.
La jeune femme posa la main sur le cercle blanc de son front. Noré sourit et fixa la lune. Le temps était doux, elle se sentait fatiguée. Les Auriens et les Alianis continuaient d'entasser les corps au centre de la cour. L'adolescente dit rêveusement :
-Vous saviez que contrairement à ici, en Sinia, la pleine lune ne dure que trois nuits et le croissant tout le reste du temps ?